J’aime la chatte

Merci à Romane de m’avoir remis en mémoire ce texte que je partage avec mes lecteurs et lectrices.

http://isisetpasiphae.blogspot.fr/2014/11/jaime-la-chatte.html

J’aime la chatte

Chatte est juste un mot
Un mot indicible
pour désigner
le lieu le plus désiré du monde
un mot évocateur
juteux
plein de promesses
juste un mot,
qui suscite beaucoup
d’enthousiasme,
de passion
de haine
d’amour
Nos deux chattes sont à égales
Identiques dans le désir
Si différentes
Si semblables
offrant des forces opposées
Nous osons
parler de nos chattes
comparer nos chattes
raconter leurs envies
leurs manies
leurs angoisses
leurs spames
Quand j’écris le mot chatte
mes doigts errent sur tout mon corps
à la recherche de ce lieu
de plaisir
de douleur
de convoitise
d’amour
de haine
de mensonge
Et je m’arrête soudain d’écrire
mes doigts me caressent
me taquinent
me tâtent
me baisent
et je pense à toi
au jus de ta chatte
au goût poivré de ta chatte
aux lèvres gonflées de ta chatte
à ta bouche sur ma chatte,
à tes doigts qui pénètrent ma chatte
qui bougent à l’intérieur de mon corps
Comme c’est doux ici
chaud
humide
accueillant,
je sais combien tu aimes ta chatte
ma chatte
nos chattes
ce moment délicieux
où elles se regardent
se comparent
puis s’aiment
loin du stress
loin du boulot
loin de la famille
loin des enfants
des emmerdes de la vie
Nos chattes connaissent la vérité
la vérité est vraiment
J’aime la chatte

Le premier baiser

Le tout premier baiser

Le tout premier baiser

Ce premier baiser

Ce premier toucher hésitant des lèvres

Première tentative

Premier test

Premier goût

Première dégustation

Première requête

Recherche silencieuse d’une permission

Ce subtil moment

Quand les lèvres cèdent

Les bouches s’entrouvrent

Les langues se touchent

La première étincelle

Le premier flash électrique

Dans le bas de la colonne vertébrale

Ce soudain frisson

Qui la fait fondre

Qui le fait durcir

Ce n’est que le premier baiser

Mais déjà le désir de se rapprocher de l’autre

Le plus près possible

Sentir les contours de son corps

Sentir sa chaleur

Sentir son sexe

Atrocité de ce besoin d’en vouloir beaucoup plus

De cette nécessité absolue d’un plus

Et ainsi le baiser devient plus profond

Les  mains

Les langues

Le souffle

Tout le corps entre dans le jeu

Tirant

Donnant

Quémandant

Voulant toujours plus, beaucoup plus

Partageant

Découvrant

C’est le premier baiser…

Je n’oublierai jamais

Et tu as jouis !

Et tu as jouis !

Je n’oublierai jamais.

La première fois.

Où vous vous êtes offerte à moi.

Je n’oublierai jamais.

Comment vous avez dégrafé votre soutien-gorge.

Je n’oublierai jamais.

votre sourire.

Vous étiez couchée sur le dos.

Vous avez écartés vos cuisses.

Et le clair de lune brillait

Éclairant vos recoins les plus intimes

J’ai ressenti quelque chose.

Que je n’avais jamais ressenti au paravent.

De toute ma vie.

Je vous ai embrassé.

Et je vous ai aimé.

Je n’oublierai jamais.

Cette nuit-là.

Vos cuisses se sont refermées sur mes oreilles

Puis vous ayez crié.

Vous avez supplié.

Ne pas m’arrêter.

Vous avez hurlé.

Mon nom.

Vous avez soupiré.

Que vous m’aimiez.

Et vous avez jouis.

Lettre d’Anaïs Nin à Antonin Artaud (18 juin 1933)

anais nin

 

Nanaqui, je voudrais revivre mille fois ce moment sur les quais, et toutes les heures de cette soirée. Je veux sentir encore cette violence et votre douceur, vos menaces, votre despotisme spirituel… toutes les craintes que vous m’inspirez, et les joies si aiguës. Craintes parce que vous attendez tant de moi…l’éternité, l’éternel…Dieu… ces mots…

Toutes ces questions que vous m’avez posées. Je répondrai doucement à vos questions. Si j’ai semblé me dérober, c’est uniquement parce qu’il y avait trop à dire.

Je sens la vie toujours en cercle, et je ne peux pas détacher un fragment parce qu’il me semble qu’un fragment n’a pas de sens. Mais tout semble se résoudre, se fondre dans l’étreinte, dans la confiance de l’instinct, dans la chaleur et la fusion des corps.

Je crois entièrement à ce que nous sentons l’un en face de l’autre, je crois à ce moment où nous avons perdu toute notion de la réalité et de la séparation et de la division entre les êtres.

Quand les livres sont tombés, j’ai senti un allègement. Après cela, tout est devenu simple…simple et grand et doux. Le toi qui fait presque mal, tellement il lie… le toi et tout ce que tu m’as dit, j’oublie les mots, j’entends la tendresse et je me souviens que tu as été heureux.

Tout le reste ne sont que tortures de nos esprits, les fantômes que nous créons…parce que pour nous l’amour a des répercussions immenses. Il doit créer, il a un sens en profondeur, il contient et dirige tout. Pour nous il a cette importance, d’être mêlé, lié, avec tous les élans et les aspirations… Il a trop d’importance pour nous. Nous le confondons avec la religion, avec la magie.

Pourquoi, avant de nous asseoir au café, as-tu cru que je m’éloignais de toi simplement parce que j’étais légère, joyeuse, souriante un instant ? N’accepterais-tu jamais ces mouvements, ces flottements d’algue ? Nanaqui, il faut que tu croies à l’axe de ma vie, parce que l’expansion de moi est immense, trompeuse, mais ce n’est que les contours…

Je voudrais que tu lises mon journal d’enfant pour que tu voies combien j’ai été fidèle à certaines valeurs. Je crois reconnaître toujours les valeurs réelles… par exemple quand je t’ai distingué comme un être royal dans un domaine qui a hanté ma vie.

Nanaqui, ce soir je ne veux pas remuer les idées, je voudrais ta présence. Est-ce qu’il t’arrive de choisir ainsi un moment précieux (notre étreinte sur les quais) et de t’y raccrocher, de fermer les yeux, de le revivre, fixement, comme dans une transe où je ne sens plus la vie présente, rien, rien que ce moment ?

Et après, la nuit, la succession de tes gestes, et de tes mots, de la fièvre, de l’inquiétude, un besoin de te revoir, une grande impatience.

Anaïs Nin, Journal inédit et non expurgé des années 1932-1934, Inceste, Éditions Stock, Collection Biblio, 2002, pp. 268-269.

Il se glissa derrière moi,
releva ma jambe,
et d’un coup brutal,
il m’a proprement enculée.

Je souffrais horriblement !

J’ai poussé un  cri si aigu,
qu’il s’est arrêté.

Alors, avec une gentillesse,
dont je ne l’aurais jamais cru capable,
il s’est agenouillé
et m’a léchée délicatement.

J’ai trouvé ça très bien de sa part,
très bon aussi.