Un cœur doux

Alors, avec un frémissement d’intense plaisir, il toucha ce corps doux et chaud, et, un instant lui effleura le nombril d’un baiser. Et il lui fallut entrer en elle tout de suite, entrer dans la paix sur la terre qu’était son corps doux et immobile. Ce fut pour lui un moment de paix parfaite, cette entrée dans le corps de la femme.

 

De ses doigts tranquilles, il tressa quelques myosotis dans la belle toison brune du mont de Vénus.

– Là ! dit-il. Voilà des myosotis à la place où ils doivent être.

Elle regarda les drôles de petites fleurs laiteuses parmi les poils bruns, à la pointe de son corps.

– Que c’est joli ! dit-elle.

– Joli comme la vie; répondit-il.

C’est l’histoire d’un homme qui rend un corps à une femme, et d’une femme qui rend une parole à un homme. Pascale Ferrand

Lady Chatterley film de Pascale Ferrand d’après la version Lady Chatterley et l’homme des bois (John Thomas and Lady Jane) avec Marina HandsJean-Louis Coulloc’hHippolyte Girardot

Qu’il est beau ce moment…

Où sa langue touche la mienne
Où ses mains desserrent ma ceinture
Qu’il est bon cet instant , où résonne les boutons de braguette…quand ses doigts baissent mon caleçon…
Qu’il est doux ce moment, lorsque son regard plonge dans le mien…je ne suis plus qu’un corps, je m’abandonne à sa bouche
Son amour m’enveloppe, elle si belle quand elle me suce…sa langue insiste…
Qu’il est fort ce moment…où ses gémissements de petite salope à la main trempée , me poussent à lâcher ce nectar tant désiré…je m’écoule spasmodiquement…
Chaque vagues m’emmène un peu plus loin…
J’ouvre les yeux…son regard vainqueur me contemple.
Qu’il est doux ce moment…

Le cul nie le cunni ! revenons à la poésie !

Allitération, assonance, homophonie pour célébrer le corps féminin.

L’écho du corps de Ghérasim Lucas

Illustration Max Švabinský 1873 Kroměříž 1962 Prague

Poésie

prête-moi ta cervelle

cède-moi ton cerceau

ta cédille ta certitude

cette cerise

cède-moi cette cerise

ou à peu près une autre

cerne-moi de tes cernes

précipite-toi

dans le centre de mon être

sois le cercle de ce centre

le triangle de ce cercle

la quadrature de mes ongles

sois ceci ou cela ou à peu près

un autre

mais suis-moi précède-moi

séduction

entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues

entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds

entre le temps de tes tempes et l’espace de ton esprit

entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

entre le bas de tes bras et le haut de tes os

entre le do de ton dos et le la de ta langue

entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris

entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres

entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu

entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve

entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts

entre le bout de tes doigts et le bout de ta bouche

entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine

entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments

entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur

entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou

entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses

entre l’air de ta chair et les lames de ton âme

entre l’eau de ta peau et le seau de tes os

 

entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle

entre le seing de tes seins et les seins de tes mains

entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles

entre la source de tes sourcils et le but de ton buste

entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines

entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius

entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule

entre le tain de ton talon et le ton de ton menton

entre l’œil de ta taille et les dents de ton sang

entre la pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes

entre les oreilles de tes orteils et le cervelet de ton cerveau

entre l’oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête

entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets

entre les frontières de ton front et le visa de ton visage

entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce

entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume

entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates

entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais

entre les roues de tes joues et les lombes de tes jambes

entre le moi de ta voix et la soie de tes doigts

entre le han de tes hanches et le halo de ton haleine

entre la haine de ton aine et les aines de tes veines

entre les cuisses de tes caresses et l’odeur de ton cœur

entre le génie de tes genoux et le nom du nombre

du nombril de ton ombre

Laissez tomber la poésie.

Ecrit pour des raisons financières (1 dollars la page), Anaïs Nin publie ses nouvelles érotiques car J‘ai finalement décidé de publier ces textes érotiques, parce qu’ils représentent les efforts premiers d’une femme pour parler d’un domaine qui avait été jusqu’alors réservé aux hommes.

Insistez sur le sexe. Laissez tomber la poésie. Tel est la consigne de leur commanditaire.

Les récits d’Anaïs Nin touche toutes les femmes ici un extrait de la nouvelle Elena du recueil delta of Venus en français.

Elena a cherché à découvrir le plus complètement possible le corps de Bijou. Leila a été plus agressive. Elle était couchée sur son côté, une jambe levée sur l’épaule de Bijou et elle l’embrassait entre les jambes. Alors Bijou se retira en arrière, loin des baisers cinglante et morsures, sorti la langue qui était plus dure que le sexe d’un homme.

Elle s’installe donc, ses fesses levées entièrement contre le visage d’Elena. Avec ses mains Elena avait été en appréciant la forme d’entre eux, et maintenant elle a inséré son doigt dans la mince ouverture. Là, elle sentait chaque contraction provoquée par les baisers de Leila, comme si elle était toucher le mur contre lequel Leila a déménagé sa langue. Bijou, se retire de la languette qui ont cherché à lui, a emménagé dans un doigt qui a donné sa joie. Son plaisir a été exprimé dans les ondulations mélodieuses de sa voix, et en temps, comme un sauvage étant raillé, elle bared ses dents et essayé de mordre celui qui fut son alléchant.

Quand elle s’apprêtait à venir et pourrait ne plus se défendre contre son plaisir, Leila arrêta d’embrasser, laissant le Bijou à mi-chemin sur la crête d’une sensation atroce, moitié fou. Elena s’est arrêtée à l’instant même.

 

 

J’aime la chatte

Merci à Romane de m’avoir remis en mémoire ce texte que je partage avec mes lecteurs et lectrices.

http://isisetpasiphae.blogspot.fr/2014/11/jaime-la-chatte.html

J’aime la chatte

Chatte est juste un mot
Un mot indicible
pour désigner
le lieu le plus désiré du monde
un mot évocateur
juteux
plein de promesses
juste un mot,
qui suscite beaucoup
d’enthousiasme,
de passion
de haine
d’amour
Nos deux chattes sont à égales
Identiques dans le désir
Si différentes
Si semblables
offrant des forces opposées
Nous osons
parler de nos chattes
comparer nos chattes
raconter leurs envies
leurs manies
leurs angoisses
leurs spames
Quand j’écris le mot chatte
mes doigts errent sur tout mon corps
à la recherche de ce lieu
de plaisir
de douleur
de convoitise
d’amour
de haine
de mensonge
Et je m’arrête soudain d’écrire
mes doigts me caressent
me taquinent
me tâtent
me baisent
et je pense à toi
au jus de ta chatte
au goût poivré de ta chatte
aux lèvres gonflées de ta chatte
à ta bouche sur ma chatte,
à tes doigts qui pénètrent ma chatte
qui bougent à l’intérieur de mon corps
Comme c’est doux ici
chaud
humide
accueillant,
je sais combien tu aimes ta chatte
ma chatte
nos chattes
ce moment délicieux
où elles se regardent
se comparent
puis s’aiment
loin du stress
loin du boulot
loin de la famille
loin des enfants
des emmerdes de la vie
Nos chattes connaissent la vérité
la vérité est vraiment
J’aime la chatte

Le premier baiser

Le tout premier baiser

Le tout premier baiser

Ce premier baiser

Ce premier toucher hésitant des lèvres

Première tentative

Premier test

Premier goût

Première dégustation

Première requête

Recherche silencieuse d’une permission

Ce subtil moment

Quand les lèvres cèdent

Les bouches s’entrouvrent

Les langues se touchent

La première étincelle

Le premier flash électrique

Dans le bas de la colonne vertébrale

Ce soudain frisson

Qui la fait fondre

Qui le fait durcir

Ce n’est que le premier baiser

Mais déjà le désir de se rapprocher de l’autre

Le plus près possible

Sentir les contours de son corps

Sentir sa chaleur

Sentir son sexe

Atrocité de ce besoin d’en vouloir beaucoup plus

De cette nécessité absolue d’un plus

Et ainsi le baiser devient plus profond

Les  mains

Les langues

Le souffle

Tout le corps entre dans le jeu

Tirant

Donnant

Quémandant

Voulant toujours plus, beaucoup plus

Partageant

Découvrant

C’est le premier baiser…

Je n’oublierai jamais

Et tu as jouis !

Et tu as jouis !

Je n’oublierai jamais.

La première fois.

Où vous vous êtes offerte à moi.

Je n’oublierai jamais.

Comment vous avez dégrafé votre soutien-gorge.

Je n’oublierai jamais.

votre sourire.

Vous étiez couchée sur le dos.

Vous avez écartés vos cuisses.

Et le clair de lune brillait

Éclairant vos recoins les plus intimes

J’ai ressenti quelque chose.

Que je n’avais jamais ressenti au paravent.

De toute ma vie.

Je vous ai embrassé.

Et je vous ai aimé.

Je n’oublierai jamais.

Cette nuit-là.

Vos cuisses se sont refermées sur mes oreilles

Puis vous ayez crié.

Vous avez supplié.

Ne pas m’arrêter.

Vous avez hurlé.

Mon nom.

Vous avez soupiré.

Que vous m’aimiez.

Et vous avez jouis.