Toulouse des jamais !

femme accroupie

femme accroupie

Jamais deux amants ne se sont autant regardés, écoutés, contemplés, admirés, et complimentés.

Viens ! Avait-elle dit en finissant ce baiser d’accueil… viens ! et refermant la porte de cette chambre de plaisir, elle entra avec moi dans le paradis des sens… plus un geste, plus un mot, plus une pensée, plus un regard, qui ne soit empreint du bonheur d’être ensemble.

Dans cette douche, le corps nu, je ressens déjà le plaisir… l’eau coule sur mon corps comme une caresse… j’aurais pu l’inviter déjà à me regarder… mais le plaisir est encore pour quelques instants à moi-même… comme s’il fallait passer par un sas de décompression. Puis c’est à elle de faire quelques ablutions.

Couché, nu, sous un simple drap, je l’écoute… elle est silencieuse, je la regarde… elle bouge à peine, je l’observe, je l’espère avec crainte… la porte s’ouvre sur le beau spectacle de sa splendeur dans une nuisette et je devine aussi la présence d’une autre barrière que j’aurais donc à sauter… quelques gestes encore pour réduire la lumière de la chambre… encore une chambre… toujours une chambre…

Elle est maintenant à mon côté, à gauche de moi comme à nos bonnes habitudes et la crainte se fait panique… l’initiative vient d’elle qui pose sa tête sur mon épaule et soudain me parle… je ne me souviens plus de ces mots… et très curieusement je ne me souviens plus de rien… ici et là quelques petites éclaircies de mémoire… quelques flashs… quelques bribes de plaisir… mais pas de film comme pour nos autres souvenirs…

Notre histoire devient un puzzle gigantesque que je ne maitrise plus… je distingue les quatre coins qui sont nos piliers Amour commun, Confiance réciproque, Harmonie de couple, Plaisir partagé… sur la gauche du puzzle des pièces pourtant connues qui m’échappent aujourd’hui… je sais qu’elles sont nos souvenirs… vers la droite encore d’autres pièces repérables et qui chantent nos espoirs, nos fantasmes, nos projets de fou… vers le haut la chronologie de nos faits et gestes de nos baisers et découvertes… en bas tout en bas le repère de nos colères, de nos agacements, de nos reproches réciproques… parmi eux l’accident de décembre et le drame de cette semaine de nuit profonde d’inquiétude et de douleur… elle est reconnaissable les yeux fermés, piquante, urticante…

Mais le centre du puzzle est une étrange cacophonie ponctuée de petits plaisirs des plus délicieux… je les trouve ces pièces mais je suis bien incapables de les positionner dans le film de nos amours… En voici une… minuscule étincelante de couleur et quoi raconte le contact d’un doigt, le majeur, avec l’intimité d’une vulve redevenue vierge et attendant sa profanation… le bout de se doigt reçoit un message indicible que seul le cœur sait interpréter… je sais qu’à côté se trouve une pièce soupirante… et une autre pleine de promesses et de vœux… mais elles ne sont pas disponibles et le film s’interrompt, l’image se fige… et une autre pièce sollicite mon attention…  je la reconnais entre tous… c’est au petit matin, une main qui effleure ma peau et descend vers ma verge… la touche, la soupèse, la caresse, en mesure la raideur et chante un « oh » de surprise, de contentement, d’envie, de désir… mais où placer cette pièces… elle appartient à l’espace Cayenne et aussi à l’espace Londres… elle veut être aussi à Saint-Martin…

En d’autres temps j’eusse reconnu et le son de la voix, et te timbre ou la sonorité… les pièces associées seraient venues spontanément compléter ce délicieux prélude… mais depuis Toulouse je ne sais plus…

Je deviens aveugle de nos souvenirs… mes souvenirs ne sont plus aussi précis que par le passé… je suis dans le doute de mes souvenirs… le puzzle est là… toutes les pièces plaisir sont là… le petit goût épicé et changeant d’une vulve, la douceur d’une fellation… le plaisir incommensurable d’une jouissance… le goût partagé d’une goutte de  perme, la taquinerie d’un sein, le massage de deux pommes de fesse, le cheminement dans la raie interdite, la vision d’un anus qui se refuse à jamais… la folle envie satisfaite de se laisser prendre comme une femme… la caresse d’une vulve chaude, le goût amer des larmes, le regard amoureux alangui et encore quémandeur… les gestes si naturels d’une copulation acceptée, voulue souhaitée, désirée, sollicitée, accomplie se terminant par deux orgasmes tonitruants…

Je sais maintenant le pourquoi de cette cécité… ses souvenirs sont enfermés dans une tendresse que je n’ai pas encore su comprendre ou accepté… Oui Toulouse est différent de tous les autres lieux par la tendresse qui s’en dégage… le plaisir est toujours là, présent, obsédant, partagé, mais il est derrière ce paravent de tendresse qui m’émeut aux larmes.

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2 réflexions sur “Toulouse des jamais !

  1. Bouleversant parcours en braille sur le corps qui déjà se délite dans les fourvoiements perdus de l’Autre… l’Autre à côté de qui on a passé… l’Autre à côté de qui on est passé… l’Autre qui était tout et pourtant s’échappe et disparaît… Avec le sourire crispé… Mais avec tant de délicatesse et de précision toujours… Magnifique ma très chère Caty!…

  2. C’est vrai que c’est beau.
    J’ai traîné mes guêtres le long de la Garonne avec mon chien. Il n’a pas résisté en bon Labrador à patauger dans le fleuve au grand dame de sa maîtresse.
    La brique rose, Saint Sernin, la place du Capitole, les petites rues, les terrasses des restaurants, les fenêtres de Claude qui dominent l’onde toujours changeante ondulante telle un corps de femme qui s’offre et se dérobe tout à la fois, théâtre des mots des songes des espoirs et des rêves des envies et des retenues de la main qui de son ombre caresse une forme, une hanche, un sein, une fesse et se pose pour mieux étreindre la tête de l’aimée et du bout des lèvres délivre un baiser sur l’épaule, un souffle une ritournelle à peine fredonner et qui lie les amants retrouvés
    Toulouse ce soir a le blues, la note bleue lancinante de Miles chuchote et n’en finit pas d’étinceler, dans la demi obscurité les corps se frôlent sans même se toucher.
    La nuit envahie la cité, à l’aube claire les corps seront enlacés, les amants réunis ; beaux.
    Beaux comme les mots de ce texte, beaux comme l’écriture lorsqu’elle est maîtrisée et que l’amour s’en trouve sublimé.
    deni

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