Candaules offre à Gygès la nudité de Nyssia ! par Jean de LA FONTAINE !

Nyssia - marbre (large) (1)

Ils vont. Gygès admire. Admirer; c’est trop peu.
Son étonnement est extrême.
Ce doux objet joua son jeu.
Gygès en fut ému, quelque effort qu’il pût faire.
Il aurait voulu se taire,
Et ne point témoigner ce qu’il avait senti:
Mais son silence eût fait soupçonner du mystère.
L’exagération fut le meilleur parti.
Il s’en tint donc pour averti;
Et sans faire le fin, le froid, ni le modeste,
Chaque point, chaque article eut son fait, fut loué.
Dieux, disait-il au roi, quelle félicité!
Le beau corps! le beau cuir! O Ciel! et tout le reste
De ce gaillard entretien
La reine n’entendit rien;
Elle l’eût pris pour outrage:
Car en ce siècle ignorant
Le beau sexe était sauvage;
Il ne l’est plus maintenant;
Et des louanges pareilles
De nos dames d’à présent
N’écorchent point les oreilles.
Notre examinateur soupirait dans sa peau.
L’émotion croissait, tant tout lui semblait beau.
Le prince s’en doutant l’emmena; mais son âme
Emporta cent traits de flamme.
Chaque endroit lança le sien.
Hélas, fuir n’y sert de rien:
Tourments d’amour font si bien
Qu’ils sont toujours de la suite.
Près du prince Gygès eut assez de conduite
Mais de sa passion la reine s’aperçut:
Elle sut

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Le Roi CANDAULES ! Théophile Gautier raconte la sublime beauté de Nyssia !


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En sa qualité de poète, Théophile GAUTIER avait le droit de relever le flammeum couleur de safran qui enveloppait la jeune épouse, – plus heureux en cela que les Sardiens qui, après toute une journée d’attente, furent obligés de s’en retourner chez eux, réduits, comme avant, aux simples conjectures.

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Nyssia était réellement au-dessus de sa réputation, quelque grande qu’elle fût ; il semblait que la nature se fût proposé, en la créant, d’aller jusqu’aux limites de sa puissance et de se faire absoudre de tous ses tâtonnements et de tous ses essais manqués. On eût dit qu’émue d’un sentiment de jalousie à l’endroit des merveilles futures des sculpteurs grecs, elle avait voulu, elle aussi, modeler une statue et faire voir qu’elle était encore la souveraine maîtresse en fait de plastique.

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Le grain de la neige, l’éclat micacé du marbre de Paros, la pulpe brillantée des fleurs de la balsamine donneraient une faible idée de la substance idéale dont était formée Nyssia. Cette chair si fine, si délicate, se laissait pénétrer par le jour et se modelait en contours transparents, en lignes suaves, harmonieuses comme de la musique. Selon la différence des aspects, elle se colorait de soleil ou de pourpre comme le corps aromal d’une divinité, et semblait rayonner la lumière et la vie. Le monde de perfections que renfermait l’ovale noblement allongé de sa chaste figure, nul ne pourra le redire, ni le statuaire avec son ciseau, ni le peintre avec son pinceau, ni le poète avec son style, fût-il Praxitèle, Apelles ou Mimnerme. Sur son front uni, baigné par des ondes de cheveux rutilants semblables à l’électrum en fusion et saupoudrés de limaille d’or, suivant la coutume babylonienne, siégeait, comme sur un trône de jaspe, l’inaltérable sérénité de la beauté parfaite.

imagePour ses yeux, s’ils ne justifiaient pas entièrement ce qu’en disait la crédulité populaire, ils étaient au moins d’une étrangeté admirable ; des sourcils bruns dont les extrémités s’effilaient gracieusement comme les pointes de l’arc d’Eros, et que rejoignait une ligne de henné, à la mode asiatique, de longues franges de cils aux ombres soyeuses, contrastaient vivement avec les deux étoiles de saphir roulant sur un ciel d’argent bruni qui leur servaient de prunelles. Ces prunelles, dont la pupille était plus noire que l’atrament, avaient dans l’iris de singulières variations de nuances ; du saphir elles passaient à la turquoise, de la turquoise à l’aigue-marine, de l’aigue-marine à l’ambre jaune, et quelquefois, comme un lac limpide dont le fond serait semé de pierreries, laissaient entrevoir, à des profondeurs incalculables, des sables d’or et de diamant, sur lesquels des fibrilles vertes frétillaient et se tordaient en serpents d’émeraudes. Dans ces orbes aux éclairs phosphoriques, les rayons des soleils éteints, les splendeurs des mondes évanouis, les gloires des olympes éclipsés semblaient avoir concentré leurs reflets ; en les contemplant, on se souvenait de l’éternité, et l’on se sentait pris de vertige, comme en se penchant sur le bord de l’infini.

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L’expression de ces yeux extraordinaires n’était pas moins variable que leurs teintes. Tantôt, leurs paupières s’entr’ouvrant comme les portes des demeures célestes, ils vous appelaient dans des élysées de lumière, d’azur et de félicité ineffable, ils vous promettaient la réalisation de tous vos rêves de bonheur décuplés, centuplés, comme s’ils avaient deviné les secrètes pensées de votre âme ; tantôt, impénétrables comme des boucliers composés de sept lames superposées des plus durs métaux, ils faisaient tomber vos regards, flèches émoussées et sans force : d’une simple inflexion de sourcil, d’un seul tour de prunelle, plus fort que la foudre de Zeus, ils vous précipitaient, du haut de vos escalades les plus ambitieuses, dans des néants si profonds qu’il était impossible de s’en relever. Typhon lui-même, qui se retourne sous l’Etna, n’eût pu soulever les montagnes de dédain dont ils vous accablaient ; l’on comprenait que, vécût-on mille olympiades, avec la beauté du blond fils de Létô, le génie d’Orpheus, la puissance sans bornes des rois assyriens, les trésors des Kabires, des Tekhines et des Dactyles, dieux des richesses souterraines, on ne pourrait les ramener à une expression plus douce.

d4688845rD’autres fois ils avaient des langueurs si onctueuses et si persuasives, des effluves et des irradiations si pénétrants, que les glaces de Nestor et de Priam se seraient fondues à leur aspect, comme la cire des ailes d’Icare en approchant des zones enflammées. Pour un de ces regards on eût trempé ses mains dans le sang de son hôte, dispersé aux quatre vents les cendres de son père, renversé les saintes images des dieux et volé le feu du ciel comme Prométhée, le sublime larron.

5363623468_e968e9aea9Cependant leur expression la plus ordinaire, il faut le dire, était une chasteté désespérante, une froideur sublime, une ignorance de toute possibilité de passion humaine, à faire paraître les yeux de clair de lune de Phoebé et les yeux vert de mer d’Athéné plus lubriques et plus provocants que ceux d’une jeune fille de Babylone sacrifiant à la déesse Mylitta dans l’enceinte de cordes de Succoth-Benoth. – Leur virginité invincible paraissait défier l’amour.

46103799Les joues de Nyssia, que nul regard humain n’avait profanées, excepté celui de Gygès, le jour du voile enlevé, avaient une fleur de jeunesse, une pâleur tendre, une délicatesse de grain et de duvet dont le visage de nos femmes, toujours exposées à l’air et au soleil, ne peut donner l’idée la plus lointaine ; la pudeur y faisait courir des nuages roses comme ceux que produirait une goutte d’essence vermeille dans une coupe pleine de lait, et, quand nulle émotion ne les colorait, elles prenaient des reflets argentés, de tièdes lueurs, comme un albâtre éclairé par dedans. La lampe était son âme charmante, que laissait apercevoir la transparence de sa chair.

28094Une abeille se fût trompée à sa bouche, dont la forme était si parfaite, les coins si purement arqués, la pourpre si vivace et si riche, que les dieux seraient descendus des maisons olympiennes pour l’effleurer de leurs lèvres humides d’immortalité, si la jalousie des déesses n’y eût mis bon ordre. Heureux l’air qui passait par cette pourpre et ces perles, qui dilatait ces jolies narines si finement coupées et nuancées de tons rosés, comme la nacre des coquillages poussés par la mer sur les rives de Chypre aux pieds de la Vénus Anadyomène. Mais il y a comme cela une foule de bonheurs accordés à des choses qui ne peuvent les comprendre. – Quel amant ne voudrait être la tunique de sa bien-aimée ou l’eau de son bain ?

{B1A5E8C1-9302-453D-875B-3317ABF2C7F8}Img400Telle était Nyssia, si l’on peut se servir de ces mots après une description si vague de sa figure. – Si nos brumeux idiomes du Nord avaient cette chaude liberté, cet enthousiasme brûlant du Schir-hasch-Schirim, peut-être par des comparaisons, en suscitant dans l’esprit du lecteur des souvenirs de fleurs, de parfums, de musique et de soleil, en évoquant par la magie des mots tout ce que la création peut contenir d’images gracieuses et charmantes, nous eussions pu donner quelque idée de la physionomie de Nyssia ; – mais il n’est permis qu’à Salomon de comparer le nez d’une belle femme à la tour du Liban qui regarde vers Damas. Et pourtant qu’y a-t-il de plus important au monde que le nez d’une belle femme ? Si Hélène, la blanche Tyndaride, eût été camarde, la guerre de Troie eût-elle eu lieu ? Et si Sem Rami n’avait eu le profil d’une régularité parfaite, eût-elle séduit le vieux monarque de Nin-Nevet, et ceint son front de la mitre de perles, signe du pouvoir suprême ?

La Chambre obscure ! Récit à trois fois deux mains !

Je vous invite à suivre un travail collectif d’écriture !

C’est ici pour le chapitre Numéro 1 http://michel-koppera.over-blog.com/article-la-chambre-obscure-chapitre-1-texte-inedit-124576953.html

À raison d’un chapitre par semaine, la mise en ligne du texte s’étalera sur plusieurs mois. Au fil des chapitres le récit deviendra de plus en plus chargé en sensualité et érotisme. 

Les auteurs : Philippe (à l’initiative du projet), Caty elle même (auteure d’un chapitre que d’aucun prétendront être mémorable) et votre serviteur Michel qui s’est glissé dans le personnage de Valentin. Je donnerai sur ce BLOG quelques extraits !

Croyez-vous au hasard ? Il arrive qu’au détour d’un chemin nous nous égarions… Au plus profond d’une ruelle oubliée, le destin de Philippe bascule. Qui est ce mystérieux photographe dont l’étrange marché va faire naître chez cet époux délaissé d’aussi torrides fantasmes ? Dans la pénombre du laboratoire, les images révélées peuvent parfois réveiller autant de secrets que de passions.

Un récit à plusieurs mains, fruit d’improbables rencontres et de désirs partagés.

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Monsieur ! Ne me laissez plus le choix ! ….

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Ne me laissez le choix ! ….

D’une gourmandise
Je fais mon Eglise
Vous priant Monsieur
D’accéder à mes vœux
Mettez-moi à genoux
Devant votre Doux,
Humble à vous satisfaire,
Obéissante à vous plaire.
De vos envies,
Faites des ordres
De vos désirs,
A mon corps, une corde
Ne me laissez le choix,
Donnez-moi juste le droit
De faire de vous mon Roi
Dans vos espoirs, emmenez-moi !
Je vous présenterai votre dû
Que vous honorerez
A votre goût ou à mains nues
Avec l’intensité que je vous connais
Monsieur, ne me laissez le choix
Emportez-moi dans vos désirs pervers
De mon obéissance, soyez sévère
Monsieur, ne me laissez plus le choix.

 Sur le divin blog SENSUELLEMENT FEMME ! (http://sensuellementf.canalblog.com/)