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Comment faire l’amour à une pierre !

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S’approcher doucement d’elle,
la contempler,
l’admirer,
la fouiller déjà amoureusement du regard.
La toucher,
la retourner,
la caresser,
et accepter toutes ses aspérités,
ses générosités,
ses faiblesses et sa rudesse.
Regarder son lit, pour savoir comment la coucher.
Comme un nouveau né la porter
et précautionneusement la poser sur cette table d’offrande;
pour la travailler.
Prendre une équerre,
un mètre et Son plan et passionnellement l’effleurer.
Parce qu’elle sera unique et indispensable à cette cheminée.
Commencer par votre sueur à lui donner l’ébauche de votre générosité.
La caresser et sentir sur votre peau son offrande de poussière.
La travailler jusqu’à vous épuiser, lui parler et la contempler.
Qui des deux tremble,
la toucher, non vous en imprégner et vibrer parce que vous l’Aimez.
Qui des deux gémis et frémis,
elle n’est pas froide, elle vit.
Elle est née.
Alors vous vous abandonnez.

Texte de Tulipe

Pierre Louÿs. Le Clitoris

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Pierre Louÿs, poète mort en 1925, a beaucoup écrit sur le clitoris, et lui a même consacré un poème entier :

Blotti sous la tiédeur des nymphes repliées
Comme un pistil de chair dans un lys douloureux
Le Clitoris, corail vivant, cœur ténébreux,
Frémit au souvenir des bouches oubliées.
 
Toute la Femme vibre et se concentre en lui
C’est la source du rut sous les doigts de la vierge
C’est le pôle éternel où le désir converge
Le paradis du spasme et le Cœur de la Nuit.
 
Ce qu’il murmure aux flancs, toutes les chairs l’entendent
À ses moindres frissons les mamelles se tendent
Et ses battements sourds mettent le corps en feu.
 
Ô Clitoris, rubis mystérieux qui bouges
Luisant comme un bijou sur le torse d’un dieu
Dresse-toi, noir de sang, devant les bouches rouges !

Clitoris en fleur

 

Ton clitoris en fleur..que jalousent les roses..
aspire sous ta robe légère…à mes douces caresses..
J’aime sentir couler dans ma bouche heureuse..
ta liqueur parfumée..Opaline ..à la nacre blancheur..
Silence.. vent du soir..
Taisez vous cœurs moroses..
laisser moi goûter..
le clitoris de ma bien aimée..
que jalousent les roses…

A la vie

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Brown

A la vie

 

Je suis digne de toi et digne de tes dons

Amers ou doucereux: plaisirs, douleurs et joies;

Avec la même force et de fiers abandons,

Je les étreindrai tous comme de belles proies.

Car pour moi tu es Une: harmonie et beauté.

Je veux vibrer à tout: au léger vent qui passe,

A l’eau qui coule et bruit, et à la cruauté

Lâche de l’ouragan qui ravage et trépasse.

Je veux mordre aux fruits mûrs, me griser de soleil,

De clartés, m’alanguir dans toutes les ivresses:

Corps à corps douloureux, parfums lourds, sang vermeil;

Amasser tes trésors, épuiser tes richesses.

Oui, je voudrais tout voir, tout goûter, tout sentir;

Souffrir jusqu’au dégoût, jouir jusqu’à l’extase;

Sangloter, haleter, hurler, m’anéantir;

Boire à ta coupe d’or la pourpre qui m’embrase.

Inconsciente et veule, en gémissant un jour,

Je t’ai haïe, alors, mais jamais méprisée,

Et mon cri de révolte était un cri d’amour.

Pour toi, je n’aurai plus insulte ni risée.

Car de tous les plaisirs, de toutes les douleurs,

Mon être jaillira, renouvelé sans cesse.

Tout éclatant de force et de jeunes chaleurs.

Et d’une inextinguible et ardente allégresse.

Car sur mon âme vaste, en un rythme angoissant,

Toute sensation semblable au flot immense.

Hardi, tumultueux, passe l’élargissant

Et la laissant toujours plus avide et intense.

Mon corps ardent frissonne et tremble de désir,

S’arque vers l’inconnu, arde, de toutes fièvres!

Exalté, fier, superbe, il est prêt à saisir

Les bonheurs irrêvés ou les brefs plaisirs mièvres.

Qu’en moi, nard odorant, cassolette d’onyx,

Mille formes de vie, essences parfumées.

Flambent en un seul feu, qui jusqu’au jour préfix

Brûle de son éclat mes passions sublimées.

En une exaltation splendide je te veux.

Car je t’aime et te hais, harmonieuse orgiophante

De la mort, donne-toi dans des spasmes nerveux,

O sublime ennemie! force triomphante!

Quelques soient tes présents je te dirai: merci!

Pesante de chagrin et de morne souffrance,

Ou légère de joie et libre de souci.

Pleurant ou délirant, j’irai sans défaillance

La bouche douloureuse ou les lèvres inertes,

Jusques à la mort, Vie, emplis mon œnophore;

Et moi, ivre d’amour, les narines ouvertes.

Les seins dressés vers toi, je te crierai: Encore!

(Poèmes de la Mer et du Soleil.)