Sortez-moi d'ici!

Un baiser sur ses seins – Christie Cyane

59063797

Un baiser sur ses seins

Sa présence
est tendre, et près d’elle,
je me suis étendue. Cette fille
a une bouche si sensuelle que le désir
s’éveille en mes sens. Et mes lèvres à leur tour
épousent la danse de son corps qui même affaibli
après tant d’étreintes m’offre ses ondoiements fluides et lascifs…
Puisque donner est important, je vous laisse la contempler…
Elle gémit tendrement et son souffle est tremblant,
ses yeux se ferment à demi sous les baisers.
Puis sur ma bouche humide et offerte,
elle dépose le parfum de
ses lèvres amoureuses.
Regardez-la
mais pas
trop
longtemps
s’il vous plaît.
Rien qu’elle et moi dans
ces baisers qui nous plaisent.
A l’heure où le soleil radieux se cache,
le désir d’infini perdu dans l’espace s’éveille
sous nos caresses. Nos corps sont à savourer avec
amour et la douceur de la peau nous émerveille. Sa bouche
inspire un milliard de poèmes, un millier de baisers. Des baisers
sur sa bouche, des baisers sur ses seins, des gémissements
exquis. Des baisers sur ma bouche, à pleine bouche,
sa langue caressant ma langue, nos corps qui
frémissent. Pour le reste, je vous tiendrai
en haleine car le reste est à nous
oui, à nous seules.

 

Renée Vivien –

tumblr_ksabplC8XF1qzl13xo1_400

 Et je regrette et je cherche ton doux baiser. 
Quelle femme saurait me plaire et m’apaiser ?
Laquelle apporterait les voluptés anciennes
Sur des lèvres sans fard et pareilles aux tiennes ?

Je sais, tu mentais, ton rire sonnait creux
Mais ton baiser fut lent, étroit et savoureux,
Il s’attardait, et ce baiser atteignait l’âme,
Car tu fus à la fois le serpent et la femme.

Mais souviens-toi de la façon dont je t’aimais…
Moi, ne suis-je rien dans ta chair ? Si jamais
Tu sanglotas mon nom dans l’instant sans défense,
Souviens-toi de ce cri suivi d’un grand silence.

Je ne sais plus aimer les beaux chants ni les lys
Et ma maison ressemble aux grands nécropolis.
Moi qui voudrais chanter, je demeure muette.
Je désire et je cherche et surtout je regrette…

(Sillages, 1908)