Adam et Eve

Et tous deux s’étonnaient de tant de différence
Dans les formes du corps et les tons de la peau.
Adam la trouvait belle ; Eve le trouvait beau.

Ils se taisaient, mais ils raisonnaient en revanche.

Adam reprit enfin: « Comme vous êtes blanche !
Pourquoi Dieu vous a-t-il mis des cheveux si long ?
Les miens sont courts et noire et les vôtres tout blonds
C’est vraiment très joli, ces lourdes tresses blondes …

Eve
Vous trouvez?

Adam
Très joli … Mais ces machines rondes,
Là, sur votre poitrine, à quoi cela sert-il ?

Eve
Je n’en sais rien. Mais vous, au-dessous du nombril,
Qu’est-ce que vous portez dans cette touffe noire,
Sur ce double coussin ?

Adam
Je m’en sers … après boire.

Eve
Seulement ? cela doit vous gêner pour marcher ?

Adam
Pas trop … on s’habitue.

Eve
Est-ce qu’on peut toucher ?

Adam
Si vous le désirez …

Eve
Je suis si curieuse.

Alors, vous permettez ? …
Eve blanche et rieuse,
Avança doucement ses petits doigts rosés,
Puis, s’arrêtant soudain : « Je n’ose pas !

Adam
Osez!
Est-ce qu’il vous fait peur ?

Eve
Peur? Oh ! non : je suis brave.
Tiens ! c’est tout rouge au bout. On dirait une rave.
C’est pour le protéger, sans doute, cette peau ?
Ce n’est pas laid du tout.

Adam
Oh … ce n’est pas très beau.

Eve
Mais si : c’est très gentil. »

Et les mignons doigts roses
Allaient, couraient, venaient, faisaient de courtes poses,
Comme des papillons voltigeant sur des fleurs.

« Oh mais, regardez donc. Il a pris des couleurs.
Comme c’est drôle! Il est plus grand que tout à l’heure.
Il se dresse, il frémit. Ciel ! une larme : il pleure ! »
Eve essuya la larme à ses cheveux dorés.

Eve
« Il pleure, il pleure encore ! Est-ce que vous souffrez ?

Adam
Au contraire.

Eve
Oh, monsieur Adam ! il est énorme,
Maintenant ! il n’a plus du tout la même forme.
C’est très raide et très dur … A quoi peut-il servir ? »

Adam lui répondit, dans un profond soupir :
« Est-ce que vous croyez qu’il sert à quelque chose ?

Eve
Je n’en suis pas très sure : au moins, je le suppose.
Vous m’avez dit tantôt: « Dieu fait bien ce qu’il fait. »
Toute chose a son but si ce monde est parfait.

Adam
Oui, si Dieu m’avait dit ce qu’il veut que j’en fasse
De ce … Mais vous, comment ? …

Eve
Moi, je n’ai que la place.
C’est peut-être un oubli : Voyez.

Adam
Je ne vois rien.

Eve
Non, pas là, maladroit ! Ici .. regardez bien.

Adam
C’est juste ! On vous a même arraché la racine !
La fosse est toute fraîche … Est-ce que la voisine
Communique ? … Pour voir, si j’y mettais mon doigt ?

Eve
Mettez ce qu’il faudra.

Adam
Diable ! C’est bien étroit ! »

Il glissa sous la femme une main caressante …
Eve bondit, l’oeil clos, la croupe frémissante,

Les seins tendus, les poings crispés dans ses cheveux
Tout son être frémit d’un long frisson nerveux.
Et le soupir mourut entre ses dents serrées.

« Encore » ! Elle entrouvrit ses deux cuisses cambrées,
Et le premier puceau vint tomber dans ses bras!

« Encore ! Cherche encore ! Oui. Tant que tu voudras. »

Comme il croisait ses mains sous deux épaules blanches
Adam sentit deux pieds se croiser sur ses hanches.
Leurs membres innocents s’enlaçaient, s’emmêlaient.

S’ils avaient pu savoir, au moins, ce qu’ils voulaient :
O pucelage ! Alors, presque sans le comprendre,
Tous deux en même temps, d’une voix faible en tendre,
Murmurèrent: « Je t’aime. » Et le premier baiser
Vint, en papillonnant, en riant, se poser
Et chanter doucement sur leurs lèvres unies.

Dieu, pour les ignorants, créa deux bons génies :
L’instinct et le hasard. Or, au bout d’un instant,
Eve avait deviné ce qui l’intriguait tant.

Avez-vous jamais vu le serpent que l’on chasse ?
De droite à gauche, errant, affolé, tête basse,
En avant, en arrière, il va sans savoir où.

Il s’élance ; il recule, il cherche ; il veut un trou,
Un asile où cacher sa fureur écumante.

Il cherche: il ne voit rien, et son angoisse augmente.
Mais, lorsqu’il aperçoit l’abri qu’il a rêvé,
Il entre et ne sort plus. Adam avait trouvé !

Un cri, puis des soupirs: l’homme a compris la femme.
Les deux corps enlacés semblaient n’avoir qu’une âme.
Il se serraient, il se tordaient, ils bondissaient.
Les chairs en feu frottaient les chairs, s’électrisaient.

Les veines se gonflaient. Les langues acérées
Cherchaient une morsure entre les dents serrées,
Des nerfs tendus en fous, des muscles contractés,
Des élans furieux, des bonds de volupté …

Plus fort ! Plus vite ! Enfin, c’est la suprême éteinte,
Le frisson convulsif …
Eve alanguie, éteinte,
Se pâme en un soupir et fléchit sur ses reins !
Ses yeux cherchent le ciel ; son coeur bat sous ses seins.
Son beau corps souple, frêle, et blanc comme la neige,
S’arrondit, s’abandonne au bras qui la protège.

Adam, heureux et las, se couche à son côté.
Puis, tous deux, lourds, le sein doucement agité
Comme s’ils écoutaient de tendres harmonies,
Rêvent, dans la langueur des voluptés finies.

Mais Eve: « Dieu, vois-tu, ne fait rien sans raisons,
Dieu fait bien ce qu’il fait … Viens là ! Recommençons … »

Sire de Chambley

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Son haleine a le galop de charge…

Entre ses lèvres rouges, elle attrape la pine

Entre ses lèvres rouges, elle attrape la pine,

La lèche sur le gland, lui fait de longs suçons,

Cependant que sa main pelote les roustons

Du petit homme aimé, dont le regard s’anime.

 

Il raidit… Son haleine a le galop de charge…

En un souffle mourant le galant dit… Viens-tu ?

Il lui met en son con son membre, et, dans le cul

Le bout du doigt… Puis il l’arrose de décharge…

La-beauté-reprenant-le-dessus

 

Et puis c’est la beauté qui reprend le dessus…

Monsieur s’étale au lit, en bête paresseuse,

Madame le secoue et s’introduit, joyeuse,

Le vit ferme et fringant, et ne l’enlève plus.

 

Parfois c’est la colombe, étendue et superbe

Qui dans l’écartement de ses jambes, fait don

Au cher ami d’un crac ouvert, dont le bouton

Semble un rubis éclos au sein d’un noir flux d’herbe

Sens tu ma bite ?

Ne bouge pas, sens-tu ma bite dans ton con ?

Laisse-moi attraper dans mes mains ta mamelle,

A son pointant rosé, d’un doigt mouillé, ma belle

Je vais le titiller. C’est bon, dis ? Pas, c’est bon.

Penche-toi de l’avant, tends ton cul… là… ta croupe

Est large épanouie. O le charmant tableau !

Tu dis que je te tue et que je suis salaud,

Non ma chérie, je t’aime et conduis ma chaloupe.

Arlette.

Elle est caissière dans le petit supermarché où je fais régulièrement mes courses… Au fur et à mesure de mes visites, nos regards se sont apprivoisés, nos sourires ont dialogués… Jamais un mot échangé cependant… Comme si Arlette était muette.

Je me suis aperçu qu’elle portait des teeshirts avec des messages… Souvent cachés par le châle qu’elle mettait sur ces épaules… Alors quand je n’arrivais pas à lire, je faisais un geste en bondant la poitrine et Arlette discrètement dégageait les pans de son vêtement pour me permettre la lecture… Puis elle refermait rapidement comme par timidité…

Les seuls mots jamais entendu de la bouche d’Arlette était : « Bonjour »… suivi de « je vous laisse introduire votre carte » et enfin « Bonne journée »… Entre les phrases prononcés d’une voix claire et chantante j’avais tout loisir de la regarder et de m’habituer à ses traits… Joli minois… yeux ravissants… sourire éclatant… Poitrine avantageuse… chevelure abondante et toujours bien peignée… buste droit… mais le reste du corps était caché par le meuble derrière lequel elle officiait… Mais j’oublie les deux mains aux longs doigts fins au bout de deux bras long et habile à saisir les objets et à clapoter sur le clavier enregistreur…

Les messages furent quelque fois étranges et j’eu rapidement l’impression qu’ils s’adressaient à moi… « je suis la plus belle » !… « viens m’aimer » !… « un jour » !… Puis ce fut un « Fuck me » qu’Arlette referma si rapidement que je cru avoir rêvé… Troublée ? je le fus et attendis avec un peu d’impatience les prochaines courses…

Elles tardèrent puisque je parti en déplacement… Dans le train, dans le taxi, dans la chambre d’hôtel, pendant les conférences ou les réunions de travail, j’étais hantée par ce « Fuck me »… et m’imaginais dans sa chambre…

Elle se tait. Elle écarte les jambes pour que je me place dans leur creux. Je suis dans le creux de ses jambes écartées. Je pose ma tête au-dessus de l’entrouverture qui ferme la chose intérieure. J’ai le visage contre le monument, déjà dans son humidité, presque à ses lèvres, dans son souffle. Dans une docilité qui fait venir les larmes je me tient longtemps là, les yeux fermés, sur le plat du sexe abominable. C’est alors qu’elle dit que c’est moi son véritable amant, que ma bouche est si près, que c’est intenable, qu’elle doit le faire, l’aimer avec sa bouche, l’aimer comme elle aime, elle, elle aime qui la fait jouir, elle crie qu’elle l’aime, de le faire, qu’elle est pour elle n’importe qui, comme elle pour elle… Puis elle crie encore alors que j’ai retiré mon visage .

Toute la nuit j’entends ses cris. Ce sont ces cris qui m’incitent à lui préparer un petit cadeau…

Et me voici de nouveau devant Arlette… Elle est cette fois avec un beau teeshirt rouge toujours recouvert de son éternel châle… Elle tarde à me dévoiler ce nouveau message… je ne m’impatiente même pas et entre ouvre mon manteau dévoilant mon corps tout nu… Dans cet éclair elle m’a vu et elle devient aussi rouge que son teeshirt… Elle ne semble pas troublée outre mesure et ses mains poursuivent leur travail sans discontinuer… « Je vous laisse introduire votre carte » puis « Bonne journée »… Je ramasse mes courses et regagne ma voiture… Avant que je ne démarre, Arlette toque à la fenêtre entre ouvre son châle et me laisse découvrir un « Suck Me » encore plus excitant que le « Fuck Me » précédent.

J’entrouvre à nouveau mon manteau, laisse émerger un sein et ma chatte rasée de près…  Arlette me déguste des yeux, me fais signe de baisser la vitre et me glisse un petit bout de papier pour s’enfuir rapidement…

Je suis toute émue de la perspective évidente de la découverte d’une nouvelle chatte à sucer… La mienne en tous les cas se manifeste déjà… Toute humide toute chaude, elle me fait comprendre… Et moi sans vergogne je lance  ma main dans mon panier de courses, attrape une belle carotte et me l’enfile… Pas jusqu’au bout elle est trop longue, mais juste assez pour ma chatte accepte de l’accueillir et de la masser tendrement… Je la ressort la porte à ma bouche et grignote le petit bout… Il faudrait que je réfléchisse à une petite salade de carotte au jus de chatte…

J’ai lu ce mot en arrivant à la maison… Viens me dit-elle en me donnant les indications du rendez-vous… 24 heures d’attente et je me réfugie dans mes rêves mes fantasmes aidée par la lecture de ce poème plein pleins de feu, de sensualité et de vie,

La bête
Nous pencherons sur toi notre corps et notre âme,
Bouche intime, nudité de la nudité,
Tendre et mystérieux repli de la beauté,
Rose coquille où vit la passion des femmes !
Lorsque, pour t’adorer, nous plions le genou,
L’odeur de tout l’amour exalte nos narines,
Et, sous notre baiser, ton plaisir a le goût
De goémons mouillés et des bêtes marines,
Toi de chair délicate et crue, étrange cœur
Du monde, rétractile et secrète gencive,
Bête terrible, bête au guet, bête lascive,
Bête éternelle, – O joie !… O douleur !… O douceur !…

Mes photos doivent transmettre des humeurs positives. Mes sujets préférés sont des peintures figuratives, des natures mortes, des paysages et des « images d’âme ».

Les mots violence sur le vélin
Les mots larmes de satin
Les mots tendresse sous l’or de la plume
Les mots ivresse au fil des lignes
Et orgasme de la page bien écrite.
Subtile repos du devoir accompli
Et bonheur de l’avoir imaginé
Et enfin,
De l’avoir fait…
Merci pour vos mots,
votre amour de l’écrit,
de cette vie qui bouillonne en vous
au fil des petits signes typographiques
qui bien souvent nous réjouissent
et par leur propos bien souvent
nous mènent à tout simplement
sublimer nos imaginaires,
transformer vos récits
en nos propres aventures,
parfois tendres,
parfois sulfureuse,
toujours attendues,
bienvenues et joyeuses.

Denis