Violette, Caty et Gérard ! Candauliste suite bis

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Quelques instants après les trois compères se retrouvent serrés dans une cage d’ascenseur ! Gérard a enlacé Caty et l’embrasse à bouche que veux-tu ! Violette se place derrière Caty, lui soulève la jupe et caresse ses fesses ! Un doigt glisse dans la raie, mais n’a pas le temps d’atteindre l’anus recherché. L’ascenseur est arrivé à l’étage et Gérard ouvre la porte pour laisser passer Caty et Violette.

  • Viens Caty je vais te montrer mon chez moi !
  • C’est beau ! C’est vaste !
  • Le séjour avec son bar, la chambre si vous voulez vous isoler
  • Le lit est King Size
  • La salle de bain, douche baignoire, bidet avec jet chatouilleur !
  • Grand confort !
  • Allez ! On revient dans le séjour, Gérard a dû nous préparer une coupe de champagne !

Une fois de plus Violette prend le commandement et propose à Gérard et Caty de s’installer dans le sofa, juste en face d’elle. Une coupe de champagne à la main, rapidement bu… Gérard et Caty n’attendent pas pour se bécoter à nouveau… Caty est complètement dépoitraillée sa jupe est au plus haut laissant apparaître son sexe bien rasé. Gérard la caresse et l’embrasse. Caty a réussi tant bien que mal à sortir la verge de Gabriel et la branle doucement Violette ne dit mot ! Elle regarde tout simplement en se caressant le sexe… Il est trempé, son clitoris est bandé, mais toujours pas d’éclair de jouissance à l’horizon ! Elle s’en inquiète et attribue cela au stress !

  • Violette viens avec nous, viens me sucer !
  • Non ! Viens me sucer moi !
  • Non allons dans la chambre ! On sera mieux…

Caty et Violette passent par la salle de bain, pendant que Gérard s’avance dans la chambre en faisant tomber un à un ses vêtements. Caty attrape Violette par le bras et lui glisse dans l’oreille :

  • Tu ne m’avais pas dit que ton mari était membré comme un âne !
  • Tu exagères il n’est pas si gros le zob de Gérard ! D’ailleurs je le supporte bien !
  • Mais quand même ! C’est un monstre ! Et puis tellement long ! Tu aurais pu m’avertir tout de même !
  • Allez ! Viens ! Allons le rejoindre !…
  • Tu nous laisse seuls un moment !
  • Pas tellement envie !
  • S’il te plait ! Je te fais signe dans pas longtemps !
  • Je suis triste !
  • Mais non ! Ce ne sera pas long ! Caresses-toi en attendant !
  • Tu crois que je peux me caresser en sachant que mon mari te baise dans la chambre conjugale !
  • C’est toi qui l’as voulu !
  • Oui mais je voulais être là !
  • De quoi as-tu peur !
  • De rien ! Je voulais voir !
  • Mais tu verras ! Je te promets ! Tu verras tout !
  • C’est moi qui dois l’introduire en toi !
  • C’est toi qui va introduire la verge de ton mari dans ma vulve ! J’en frémis déjà ! A tout de suite !

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Lorsque Caty entre dans la chambre Gabriel est couché au beau milieu du lit et se caresse la verge. Caty la trouve encore plus grosse et s’inquiète encore plus…

  • Alors tu viens !
  • Je suis là ! Je suis là !
  • Où est Violette ?
  • Elle viendra tout à l’heure ! Ne t’inquiète pas !
  • Alors viens ! J’ai envie de toi !
  • Pas tout de suite ! Pas avant que ta femme soit là ! Assieds-toi en face de moi ! Oui ! Comme cela ! jambes écartées torse bien droit ! Tu es un bel homme !
  • Toi aussi tu es belle !
  • Une verge hors du commun !
  • Et tu t’y connais en verge ?
  • J’en ai vu quelques-unes, mais jamais de cette taille ! Tu l’as déjà mesurée !
  • Violette l’a fait un soir !
  • Et alors !
  • Je ne me souviens plus ! Elle te dira elle-même. Tu as de jolis seins ! Les bouts semblent tout durs ! Je peux toucher ?
  • Tout à l’heure ! Tu es trop pressé.
  • Elle te rend heureux Violette ?
  • Oui bien sure
  • Et pourquoi je suis là toute nue devant toi !
  • C’est un homme que je voulais… Pour elle ! J’avais l’impression qu’elle souhaitait cela et moi-même je trouvais l’idée intéressante de la regarder se faire prendre ! C’est Violette qui a inversée la donne et proposé que je fasse l’amour à une autre femme devant elle !
  • Et toi ! Tu l’a rend heureuse !
  • Je ne sais pas ! Mais je fais tout mon possible pour !
  • Tu la caresses
  • A la moindre occasion : les fesses, les seins, le dos, le ventre, les cuisses…
  • Tu la suces
  • Dès qu’elle me le demande ! Pour tout dire je n’aime pas les vulves poilues ! La tienne est belle toute nue ! j’aimerais bien la sucer !
  • Mmmm ! J’en frémis déjà ! Tu l’as laisse te branler ?
  • Oui !
  • Te sucer la bite !
  • Oui !
  • Elle boit ton sperme ?
  • Elle n’aime pas ! J’aimerais bien que tu me boives ! Cela me fait des frissons ! Alors on baise !
  • Sois patient ! C’est comme cela que tu parles à Violette ?
  • Non ! Je suis plus câlin !
  • Alors soit câlin avec moi aussi
  • Qui prend l’initiative de faire l’amour
  • Souvent moi ! Rarement Violette !
  • La nuit ?
  • Le plus souvent ! Mais cela nous arrive d’avoir une petite envie pendant la journée…
  • Tu débandes Monsieur !
  • Mais il y a de quoi avec toutes tes questions ! Va donc chercher Violette !
  • C’est ok !

A suivre ! r5ytgv-150x150

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Caty Candauliste Suite

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Mardi soir en pleine semaine dans un lieu discret, ambiance feutrée un homme et deux femmes dinent en échangeant amicalement ! Violette en puissance invitante a placé ses invités. Gabriel et Caty sur la banquette et elle en face sur une chaise. La table est étroite et bientôt encombrée de nourriture et d’alcool. L’ambiance devient chaleureuse et chacun à tour de rôle relance la conversation. Pas un mot sur le projet mais en dessous de la table Violette n’a pas cessé de caresser à tour de rôle, de ses pieds, les jambes de Gérard et de Caty.

Enfin le dessert et c’est le moment que choisit Gérard pour ce compliment :

  • Comme tu es belle Violette ! Je t’aime ! N’est-ce pas qu’elle est belle Caty ! Qu’en penses-tu ?
  • Oui ! Gérard ta femme est resplendissante !
  • Gérard et Caty ! Vous êtes aussi très beau ! Vous allez bien ensemble. Je n’ai pas cessé de vous caresser les jambes avec mon pied et je vois que la main gauche de Gérard est souvent sous la table ! Tu l’a caresses ! N’est-ce pas ? Dis le moi !

Violette lance soudain l’affaire !

  • Gérard ! Sais-tu que Caty a rêvé de toi l’autre nuit !
  • Et Alors
  • Vous faisiez l’amour !
  • Et alors !
  • Elle n’arrêtait pas de » jouir !
  • Et alors !
  • Alors ! c’était bien bon qu’elle m’a avoué qu’elle recommencerait bien !
  • Caty me plait ! Et elle le sait ! N’est-ce pas Caty
  • Gérard ! tu exagères ! depuis le début de ce repas tu me touches la vulve et j’ouvre les cuisses pour t’inviter à aller plus loin… Alors tu sais !
  • Tiens Violette ! Goute la ! Suce mes doigts !
  • Gérard tu exagères !
  • Suce mes doigts je te dis !
  • Mais je connais déjà le gout de Caty
  • Ah Bon !
  • Oui j’ai déjà sucé Caty ! Mais il y a si longtemps ! Laisse-moi gouter ! Mmmm ! Alors tu accepterais de faire l’amour avec elle pour de vrai !
  • Mais bien sûr ! Si Caty le désir aussi !
  • Mais il y a une condition annonce Caty ! Je voudrais que Violette soit là !

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Violette rougit de cette magnifique volteface de Caty… Elle sourit à Gérard tout en luis caressant la jambe…

  • Tu as commencé à la caresser devant moi ! Pourquoi ne pas continuer tout de suite… Touche lui les seins… Tu verras qu’elle de porte pas de soutien-gorge !
  • Je sais cela déjà ! J’ai déjà touché un jour !
  • Tu veux l’embrasser devant moi !
  • Oui je veux bien ! si Caty le veut !

Gérard et Caty s’enlacent et offrent à Violette un beau spectacle… Un baiser long, profond animé musclé même… Violette découvre soudain ce petit sentiment de jalousie qui décuple sa libido… Elle se souvient qu’elle n’a pas mis de culotte ce soir, glisse sa main sous la table, soulève sa jupe et se caresse… Elle regarde Gérard et Caty et continue ses caresses espérant atteindre l’orgasme qui lui échappe…

  • Et si on rentrait à la maison !
  • Le charme est rompu… Gérard et Caty se séparent non sans avoir laissé leurs langues se caresser voluptueusement… Ils en bavent tous les deux…

Gérard s’occupe de l’addition pendant que Caty et Violette regagnent le vestibule… Plus un chat dans ce restaurant ! Alors Violette s’approche de Caty et lui susurre à l’oreille

  • Il embrasse bien Gérard !
  • Très bien ! Sa bouche est délicieuse, sa langue très animée, j’aime son goût
  • On fait l’amour ce soir !
  • Pas avec toi Violette ! Avec Gérard !

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Violette se trouble encore une fois ! Son fantasme est bien là devant elle et elle doit l’assumer… Elle a promis Caty à Gérard, Gérard en a envie… Reste toujours à savoir s’ils vont accepter qu’elle reste avec eux. Gérard arrive ; Il les prend chacune par la taille et les guide vers la voiture… Gérard fait assoir Caty à la place du mort et fait entrer Violette sur la banquette arrière ! Il prend le volant et conduit lentement. Il voit le visage de Violette dans le rétroviseur. Violette soutien son regard et constate que la main droite de son mari est sur la cuisse de Caty… Personne ne parle… Mais tout le monde a l’esprit fixé sur les prochains instants qu’ils vont vivre ! Violette va offrir sa meilleure amie à son Mari. Gérard va faire l’amour à la meilleure amie de sa femme ! Caty se demande comment elle fera pour que Violette assiste au spectacle ! Car elle compte bien se donner en spectacle….

La voiture s’enfonce doucement dans la nuit… La jupe de Caty est maintenant remontée jusqu’à son ventre et les doigts de Gérard pianotent sur sa vulve… Caty a mis sa main gauche sur la braguette de Gérard et tente d’apprécier la bandaison de son futur amant… Violette assiste au spectacle, se rapproche deux… Elle a les jambes écartées et se caresse doucement à la recherche de cet orgames qui se refuse toujours…

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A  suivre

Caty Candauliste

011-001-001 Violette et Caty, deux amies d’enfance qui travaillaient ensemble dans une grande institution… Le travail était agréable et leur laissait le temps de papoter.

Violette était brune, grande de taille, des cuisses longues et fines et une belle poitrine qu’elle offrait en spectacle à tout un chacun… Mariée, heureuse, gaie, Caty l’imaginait comme une folle au lit… L’une et l’autre avait tenté de se faire quelques caresses, mais à l’évidence cela ne marchait pas très bien… La Brune et la blonde, la géante et la naine, la belle poitrine et un buste plus sage… Elles avaient été jusqu’à explorer leur pubis pour se découvrir une fois de plus à l’opposée l’une de l’autre… Violette avait un pubis garni de longs cheveux fins… Caty était toujours rasée de prêt.

Un beau matin, à moins que ce ne soit une fin d’après-midi Violette sur un ton très sérieux demanda à Caty !

  • Tu connais le candaulisme ?
  • Non explique moi !
  • C’est un mari qui regarde sa femme se faire baiser par un autre homme.
  • Tu pratiques le candaulisme ! Tu t’es déjà fait prendre par un mec devant Gérard !
  • Mais non ! Mais non !
  • Et pourquoi me parles-tu de cela !
  • Non pour rien ! Oublions !

En rentrant chez elle, Caty afficha candaulisme sur Google et fut impressionnée par toute la littérature sur cette pratique sexuelle nouvelle pour elle. De retour au bureau elle était impatiente de reprendre la conversation avec Violette… Mais elle attendait que l’autre prenne l’initiative… Violette semblait avoir d’autres idées en tête… comme par exemple :

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  • Tu ne portes jamais de culotte !
  • Tu le sais bien ! Pourquoi cette question ?
  • Envie de savoir ! Moi je ne peux m’en passer ! Et le soutien-gorge ?
  • Non plus ! J’ai de petits seins qui tiennent bien ! Tu les a déjà vus ! Non !
  • Alors sous ta robe tu es toute nue ?
  • Hé oui ! Très chère ! Je suis toute nue sous ma robe ! Et cela me tient en excitation permanente ! Les hommes lorsqu’ils savent regarder savent aussi que je suis disponible !
  • Disponible pour baiser ?
  • Non ! Disponible pour des petits échanges à sexe moucheté !
  • Par exemple… te faire toucher les fesses !
  • Exactement !
  • Tu penses que man mari saurait te regarder ?
  • Ne te fais pas d’illusion… Il m’a déjà regardé… et bien plus d’ailleurs !
  • Tu m’as caché cela !
  • Oh ! il n’y avait pas de quoi fouetter une chatte !
  • Quand même !

Caty était debout devant la photocopieuse et Violette s’approcha d’elle ! Elle avança les deux mains et lui saisit les fesses ! Caty ne bougea pas… Trop heureuse de l’initiative de sa copine… Elle pivota sur elle-même et Violette lui appliqua les mains sur chaque sein comme pour se convaincre de la nudité de Caty… Caty pencha un peu la tête comme pour montrer qu’elle en voulait plus… Violette se plaça à sa hauteur et approcha son visage… Quelques que petits attouchement du bout des lèvres ; et les langues se touchèrent provoquant chez l’une et chez l’autre une petite décharge d’adrénaline. Caty s’accrochait au cou de violette pour mieux la pénétrer de sa langue et les deux mains de violette voltigeaient sur tout le corps de Caty. La petite robe légère se souleva presque sans effort et une main s’appliqua sur le mont de vénus tout glabre de la blonde… Caty écarta les jambes et les doigts de Violette avancèrent vers le sexe qu’elle découvrit tout trempé. Les deux femmes se calmèrent soudain.

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  • Il faudrait que l’on prenne un petit rendez-vous, Violette ! tu m’en as donné envie !
  • J’espère que cela marchera mieux que la dernière fois !
  • Surement ! Nous sommes plus sages !
  • Alors ! Ce candalisme ! Quand vas-tu m’en parler !
  • Je n’ose toujours pas !
  • Que risques-tu ! Raconte !
  • Voilà ! Gérard mon époux a souhaité que je baise avec un autre homme sous son regard ! J’y pense, mais je n’ai pas encore accepté… Et je me suis dit pourquoi pas l’inverse !
  • Comment l’inverse !
  • Eh bien ! que ce soit lui qui fasse l’amour avec une autre femme sous mes ordres !
  • Et tu as pensé à moi !
  • Oui ! Cela te déplait !
  • Non ! Mais je réfléchis avant de te donner ma réponse !
  • Ok Caty ! Quand tu voudras pour ta réponse que j’espère positive.

Le temps a passé et les deux amies n’en parlèrent plus… Jusqu’au jour où !

  • Tu sais que j’ai rêvé de Gérard hier au soir !
  • Et alors !
  • Nous faisions l’amour !
  • Et alors !
  • Je n’arrêtais pas de jouir !
  • Et alors !
  • Alors ! c’était bien bon ! Je recommencerais bien !
  • Et j’étais là ! Moi !
  • Non ! Nous étions tous les deux !
  • C’est lui qui t’a dragué !
  • Non c’est moi qui suis venu à lui !
  • Il fait bien l’amour ! N’est-ce pas !
  • Divinement ! J’ai pris mon pied !
  • Et si c’était pour de vrai !
  • Je n’ose pas accepter !
  • A cause de moi ?
  • Oui ! A cause de toi !
  • Mais je serai là !
  • Encore plus difficile !
  • Dinons ensemble tout simplement !
  • Ok pour le dîner à trois.

A suivre

Candaules offre à Gygès la nudité de Nyssia ! par Jean de LA FONTAINE !

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Ils vont. Gygès admire. Admirer; c’est trop peu.
Son étonnement est extrême.
Ce doux objet joua son jeu.
Gygès en fut ému, quelque effort qu’il pût faire.
Il aurait voulu se taire,
Et ne point témoigner ce qu’il avait senti:
Mais son silence eût fait soupçonner du mystère.
L’exagération fut le meilleur parti.
Il s’en tint donc pour averti;
Et sans faire le fin, le froid, ni le modeste,
Chaque point, chaque article eut son fait, fut loué.
Dieux, disait-il au roi, quelle félicité!
Le beau corps! le beau cuir! O Ciel! et tout le reste
De ce gaillard entretien
La reine n’entendit rien;
Elle l’eût pris pour outrage:
Car en ce siècle ignorant
Le beau sexe était sauvage;
Il ne l’est plus maintenant;
Et des louanges pareilles
De nos dames d’à présent
N’écorchent point les oreilles.
Notre examinateur soupirait dans sa peau.
L’émotion croissait, tant tout lui semblait beau.
Le prince s’en doutant l’emmena; mais son âme
Emporta cent traits de flamme.
Chaque endroit lança le sien.
Hélas, fuir n’y sert de rien:
Tourments d’amour font si bien
Qu’ils sont toujours de la suite.
Près du prince Gygès eut assez de conduite
Mais de sa passion la reine s’aperçut:
Elle sut

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Le Roi CANDAULES ! Théophile Gautier raconte la sublime beauté de Nyssia !


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En sa qualité de poète, Théophile GAUTIER avait le droit de relever le flammeum couleur de safran qui enveloppait la jeune épouse, – plus heureux en cela que les Sardiens qui, après toute une journée d’attente, furent obligés de s’en retourner chez eux, réduits, comme avant, aux simples conjectures.

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Nyssia était réellement au-dessus de sa réputation, quelque grande qu’elle fût ; il semblait que la nature se fût proposé, en la créant, d’aller jusqu’aux limites de sa puissance et de se faire absoudre de tous ses tâtonnements et de tous ses essais manqués. On eût dit qu’émue d’un sentiment de jalousie à l’endroit des merveilles futures des sculpteurs grecs, elle avait voulu, elle aussi, modeler une statue et faire voir qu’elle était encore la souveraine maîtresse en fait de plastique.

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Le grain de la neige, l’éclat micacé du marbre de Paros, la pulpe brillantée des fleurs de la balsamine donneraient une faible idée de la substance idéale dont était formée Nyssia. Cette chair si fine, si délicate, se laissait pénétrer par le jour et se modelait en contours transparents, en lignes suaves, harmonieuses comme de la musique. Selon la différence des aspects, elle se colorait de soleil ou de pourpre comme le corps aromal d’une divinité, et semblait rayonner la lumière et la vie. Le monde de perfections que renfermait l’ovale noblement allongé de sa chaste figure, nul ne pourra le redire, ni le statuaire avec son ciseau, ni le peintre avec son pinceau, ni le poète avec son style, fût-il Praxitèle, Apelles ou Mimnerme. Sur son front uni, baigné par des ondes de cheveux rutilants semblables à l’électrum en fusion et saupoudrés de limaille d’or, suivant la coutume babylonienne, siégeait, comme sur un trône de jaspe, l’inaltérable sérénité de la beauté parfaite.

imagePour ses yeux, s’ils ne justifiaient pas entièrement ce qu’en disait la crédulité populaire, ils étaient au moins d’une étrangeté admirable ; des sourcils bruns dont les extrémités s’effilaient gracieusement comme les pointes de l’arc d’Eros, et que rejoignait une ligne de henné, à la mode asiatique, de longues franges de cils aux ombres soyeuses, contrastaient vivement avec les deux étoiles de saphir roulant sur un ciel d’argent bruni qui leur servaient de prunelles. Ces prunelles, dont la pupille était plus noire que l’atrament, avaient dans l’iris de singulières variations de nuances ; du saphir elles passaient à la turquoise, de la turquoise à l’aigue-marine, de l’aigue-marine à l’ambre jaune, et quelquefois, comme un lac limpide dont le fond serait semé de pierreries, laissaient entrevoir, à des profondeurs incalculables, des sables d’or et de diamant, sur lesquels des fibrilles vertes frétillaient et se tordaient en serpents d’émeraudes. Dans ces orbes aux éclairs phosphoriques, les rayons des soleils éteints, les splendeurs des mondes évanouis, les gloires des olympes éclipsés semblaient avoir concentré leurs reflets ; en les contemplant, on se souvenait de l’éternité, et l’on se sentait pris de vertige, comme en se penchant sur le bord de l’infini.

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L’expression de ces yeux extraordinaires n’était pas moins variable que leurs teintes. Tantôt, leurs paupières s’entr’ouvrant comme les portes des demeures célestes, ils vous appelaient dans des élysées de lumière, d’azur et de félicité ineffable, ils vous promettaient la réalisation de tous vos rêves de bonheur décuplés, centuplés, comme s’ils avaient deviné les secrètes pensées de votre âme ; tantôt, impénétrables comme des boucliers composés de sept lames superposées des plus durs métaux, ils faisaient tomber vos regards, flèches émoussées et sans force : d’une simple inflexion de sourcil, d’un seul tour de prunelle, plus fort que la foudre de Zeus, ils vous précipitaient, du haut de vos escalades les plus ambitieuses, dans des néants si profonds qu’il était impossible de s’en relever. Typhon lui-même, qui se retourne sous l’Etna, n’eût pu soulever les montagnes de dédain dont ils vous accablaient ; l’on comprenait que, vécût-on mille olympiades, avec la beauté du blond fils de Létô, le génie d’Orpheus, la puissance sans bornes des rois assyriens, les trésors des Kabires, des Tekhines et des Dactyles, dieux des richesses souterraines, on ne pourrait les ramener à une expression plus douce.

d4688845rD’autres fois ils avaient des langueurs si onctueuses et si persuasives, des effluves et des irradiations si pénétrants, que les glaces de Nestor et de Priam se seraient fondues à leur aspect, comme la cire des ailes d’Icare en approchant des zones enflammées. Pour un de ces regards on eût trempé ses mains dans le sang de son hôte, dispersé aux quatre vents les cendres de son père, renversé les saintes images des dieux et volé le feu du ciel comme Prométhée, le sublime larron.

5363623468_e968e9aea9Cependant leur expression la plus ordinaire, il faut le dire, était une chasteté désespérante, une froideur sublime, une ignorance de toute possibilité de passion humaine, à faire paraître les yeux de clair de lune de Phoebé et les yeux vert de mer d’Athéné plus lubriques et plus provocants que ceux d’une jeune fille de Babylone sacrifiant à la déesse Mylitta dans l’enceinte de cordes de Succoth-Benoth. – Leur virginité invincible paraissait défier l’amour.

46103799Les joues de Nyssia, que nul regard humain n’avait profanées, excepté celui de Gygès, le jour du voile enlevé, avaient une fleur de jeunesse, une pâleur tendre, une délicatesse de grain et de duvet dont le visage de nos femmes, toujours exposées à l’air et au soleil, ne peut donner l’idée la plus lointaine ; la pudeur y faisait courir des nuages roses comme ceux que produirait une goutte d’essence vermeille dans une coupe pleine de lait, et, quand nulle émotion ne les colorait, elles prenaient des reflets argentés, de tièdes lueurs, comme un albâtre éclairé par dedans. La lampe était son âme charmante, que laissait apercevoir la transparence de sa chair.

28094Une abeille se fût trompée à sa bouche, dont la forme était si parfaite, les coins si purement arqués, la pourpre si vivace et si riche, que les dieux seraient descendus des maisons olympiennes pour l’effleurer de leurs lèvres humides d’immortalité, si la jalousie des déesses n’y eût mis bon ordre. Heureux l’air qui passait par cette pourpre et ces perles, qui dilatait ces jolies narines si finement coupées et nuancées de tons rosés, comme la nacre des coquillages poussés par la mer sur les rives de Chypre aux pieds de la Vénus Anadyomène. Mais il y a comme cela une foule de bonheurs accordés à des choses qui ne peuvent les comprendre. – Quel amant ne voudrait être la tunique de sa bien-aimée ou l’eau de son bain ?

{B1A5E8C1-9302-453D-875B-3317ABF2C7F8}Img400Telle était Nyssia, si l’on peut se servir de ces mots après une description si vague de sa figure. – Si nos brumeux idiomes du Nord avaient cette chaude liberté, cet enthousiasme brûlant du Schir-hasch-Schirim, peut-être par des comparaisons, en suscitant dans l’esprit du lecteur des souvenirs de fleurs, de parfums, de musique et de soleil, en évoquant par la magie des mots tout ce que la création peut contenir d’images gracieuses et charmantes, nous eussions pu donner quelque idée de la physionomie de Nyssia ; – mais il n’est permis qu’à Salomon de comparer le nez d’une belle femme à la tour du Liban qui regarde vers Damas. Et pourtant qu’y a-t-il de plus important au monde que le nez d’une belle femme ? Si Hélène, la blanche Tyndaride, eût été camarde, la guerre de Troie eût-elle eu lieu ? Et si Sem Rami n’avait eu le profil d’une régularité parfaite, eût-elle séduit le vieux monarque de Nin-Nevet, et ceint son front de la mitre de perles, signe du pouvoir suprême ?