Des-camions-de-tendresse-Francois-Rey-extrait suite !

On rentre dans l’histoire avec une facilité émouvante, suivant cette jeune fille aux traits androgynes, on devient homme ou femme pour elle, selon elle. On voyage avec elle, et on se retrouve prêt à l’aider au moindre détour, avide de tourner la page de chaque épisode. On s’amourache de ces deux jeunes hommes, en espérant qu’ils la protégeront toujours, pour lui offrir un peu de bonheur, au gré des tonalités sonores de ces musiques mûrement choisies. Françoise Rey nous offre une écriture 100% maîtrisée, piquante, sensuelle, dénudée… 

Le début de cet extrait se trouve ici :

https://catyforyou.wordpress.com/2016/02/15/des-camions-de-tendresse-francois-rey-extrait/

Double  Double 9

Double 7

Grosse, grosse trique, chantonnait-il, parce que Tristan me branle comme un cochon depuis tout à l’heure. Grosse, grosse parce que maintenant il me suce…

  • Oh ! mes amours, mes salauds ! Si je pouvais, pour toujours, entacher votre intimité de mélancolie… Si pouvait manquer à vos ébats désormais le tout petit, minuscule grain de sel de ma présence !… Le désespoir et la convoitise me faisaient sangloter :
  • Marc, bourre-moi !

J’étais enrouée de désir, talonnée par la hâte.

  • Marc, tu vas me faire jouir, arrête !

Il a capitulé : «Viens ! »,m’a prise aux aisselles, attirée sur lui.

  • Assieds-toi toute seule.

Double 10J’avais entre les fesses un gouffre d’impatience. J’ai avalé très vite ce qu’il me donnait, que Tristan avait préparé, huilé pour moi d’une bouche amoureuse. Il a dit encore:

  • Je ne bouge pas. Tu fais ce que tu veux.

Il était couché à plat dos, docile, ses grandes mains sages s’étaient croisées sur mes seins parce que je m’étais sur lui allongée aussi. J’ai demandé : Tristan, tu viens sur moi?

Il s’est agenouillé entre les pieds de Marc, devant nous, a posé ses mains sur mes jambes, les a un peu plus disjointes.

  • Montre-moi sa queue dans ton

Les feux intermittents de la chaîne ont éclairé en pointillé sa belle gueule attentive, son œil allumé, ses dents carrées, sa queue farouche et fascinée. C’était la première fois qu’il me scrutait ainsi, aussi voluptueusement, aussi précisément. La première et la dernière fois. De ma main tendue, je l’ai hélé :

  • Viens, viens aussi.

Il ne voulait pas, pas tout de suite. Le spectacle de son amant fiché en moi le tenait dans une hypnose béate.

  • Ça me plaît, avoua-t-il enfin. Ah ! ça me plaît de vous voir!

Double 6Tes mots, mon amour, tes mots de silencieux, de taciturne, tes mots superflus pour une confession qu’avaient faite à ta place tes yeux, et tout ton cher visage. Tes mots comme autant de caresses inédites, tes mots et ton regard, cette contemplation où tu t’abîmes, que tu commentes sans autre nécessité que fouetter ton désir, et le nôtre… Tous ces cadeaux d’adieu attisent d’autant plus la violence de mes regrets que tu les ignores…

  • viens ! Tu-le toucheras à travers moi, tu le sentiras, viens là!

Marc, que ne poursuit pas la même urgence, et qu’aiguillonne plutôt l’envie de plaire à l’autre, dit derrière moi :

  • Non, regarde encore. Regarde encore ! Ordonne:
  • Vick, montre-lui, montre-lui tout.

Soumise et tremblante, je m’offre du mieux que je peux à son examen brûlant.

Sous mes jambes, Marc a plié les siennes, les a écartées aussi. Marc, quelle pute tu fais ! Tu t’exhibes à ton tour, bourses de plomb sous ta queue qui m’emplit, fesses béantes, cul de braise. Je t’imagine, dégueulasse, je t’imagine et je te touche, car je me suis assise, je ramène, des deux mains jointes sous la double fourche de notre étreinte, le trophée pesant de tes couilles pleines, je les lui donne à admirer, à convoiter, et plus bas, plus bas mes doigts s’affolent dans leur quête et leur besogne, je trouve ton trou et je l’ouvre à deux pouces, pour t’obéir à fond, et tout, tout lui montrer, à fond…

Tristan sourit comme un diable. Les rayons des balises s’entrecroisent en un ballet fabuleux. That’s where we live, where we live… Il approche, approche, s’empare de Marc, de ses cuisses musclées, de ses fesses, de ses couilles, touche partout autour de moi sans me toucher encore, enjoint :

  • Lime-le, que je le voie entrer et sortir…

Double 5Lentement, je soulève le bassin, remonte sur la colonne qui me quitte peu à peu, je la sens descendre, glisser, fuir, je la rattrape avant sa totale retraite, je la bouffe à nouveau, très lentement… Tristan bande comme un fou. La vision de sa queue spasmodique me torture.

  • C’est comme ça, demande-t-il, quand il me baise ?

C’est mieux que ça… Tristan, mieux que ça… Quand il te baise, je vois vos deux paires de couilles qui s’agitent ensemble, qui se balancent ensemble, on dirait que tu en as deux paires rien que pour toi, une sous ta queue, et l’autre sous ton cul, et je suppose qu’elles se touchent, et parfois, je mets ma main entre ces deux paires, je sens leur frôlement, leur lourdeur, leur envie de foutre. Elles s’électrisent l’une à l’autre, tu comprends, elles mêlent leur élan et leurs poils… Et Marc t’astique pendant ce temps-là, son manche te pistonne, tu en prends plein le cul, comme moi en ce moment…

Il écoute, hagard… Mes mots piègent sa volupté. Sa queue violette approuve dans une lente oscillation verticale, bave un long ftlet clair où joue la lueur des sémaphores… J’avance une main conquérante, tire sur l’enveloppe de sa bite que la véhémence de son désir a décalottée au-delà de l’imaginable.

  • Arrête ! dit-il très Me branle pas… J’arrive…

Je l’attends avec une ferveur frémissante. Il a avancé, m’a repoussée doucement, m’a trouvée sans errance. D’abord, le choc de leurs deux queues en moi me fait mal, m’arrache presque un cri. Mais Tristan, cette nuit, ne s’effraie plus, ne recule plus si vite.

  • Minute, souffle-t-il, je fais ma place…

Double 4Effectivement, il s’installe, me creuse d’une pine géante mais habile, s’applique à ne pas m’écraser. L’invasion est totale, je suis écartelée de plaisir, incapable de faire un geste.

  • Ah ! dit Tristan, je vous sens tous les deux, tous les deux ! Je vous baise tous les deux, je vais vous faire partir tous les deux…

Et lui aussi, il s’est oublié dans le compte… J’ai perçu les spasmes de Marc dans mon cul, sa bite, amenée jusqu’à l’apoplexie par les messages de Tristan, venait d’exploser. Je n’ai pas résisté, et Tristan à son tour a brandi au ciel des poings de buteur victorieux…

Tous les deux ! Il a dit « tous les deux ». Un espoir insensé se met à me chambouler, tout à coup. Et si tout était encore possible, si peu à peu leur duo allait se métamorphoser à force de danses et d’amour, en trio, s’ils commençaient à me désirer, à savourer entre leur corps de colosses, ma frêle et fiévreuse compagnie, s’ils avaient envie de combler ma quête, d’abreuver ma soif, de boire à mes sources, d’exiger mes dons ? S’ils bandaient pour moi ?

Tristan, doucement, se retire, me dépossède, me vide.

  • On ne t’a pas fait mal, ma puce ?

Double 2Marc, désenchanté, sursaute dans la pénombre tournoyante : On est cinglé avec la chaîne ! On va le réveiller !Oh ! sa gentillesse, l’attention attendrie de tout son grand corps qu’il éloigne de moi… Marc à son tour me soulève, s’échappe, m’oblige à rouler à son côté. Mes grands, mes géants, mes héros, mes amours, jamais, jamais je ne pourrai vous quitter. J’ai déjà mal de ma solitude. Gardez-moi entre vous, orientez vers moi les ondes sensibles de vos âmes de chevaliers, prévenez ma fuite, fermez les bras sur moi, faites-moi une prison de vos paroles, de vos prières, de vos battements de cœur… Let’s dean up the ghetto ! La cassette repart pour un tour. You know, I live in New York city.

Il s’est dressé sur un coude, alarmé. Des queues de comètes blanches et mauves continuent de balayer le plafond.

  • C’est moins fort que d’habitude, dis-je. Et puis, il faut l’habituer. A force, il n’entendra plus …

Marc rampe vers la ruelle, tend le bras, arrête le lecteur.

  • Oui, mais nous non plus, on ne l’entendra pas, s’il ..
  • Double 8
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