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    Interesting old erotica and people today think erotica just began a few years ago when in fact it’s been going on for centuries. Nice images.

    Erotica is eternal, graphically depicted here, and of course loved by Japanese of the same era.

František Drtikol, photographe tchèque, maître des ombres

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« La lumière est à l’origine de la photographie, elle sait donner des centaines de formes à un seul objet et l’œil du photographe doit être susceptible de percevoir toutes ces nuances. Tout comme le sentiment, qui embellit et anime un visage humain, la lumière embellit et anime des choses. Une bande de lumière, qui entre dans mon atelier et grimpe sur le rideau, c’est un spectacle que je ne donnerais pour rien au monde«  František Drtikol.

Voir la présentation : František Drtikol, photographe tchèque, maître des ombres

Et l’album photo :

http://www.deblog-notes.com/album-1945518.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Pepe Carvalho s’ennuie à mourir :

011-001-001 Aucune enquête à l’horizon: Pepe Carvalho s’ennuie à mourir. Heureusement une grande bourgeoise barcelonaise est tuée à coups de bouteille de champagne… Mieux encore : une vieille amie, traquée par la mafia à Bangkok, appelle le détective au secours. Carvalho ne le sait pas encore,. mais les deux affaires vont se rejoindre. Lâché au cœur de la jungle et des bordels thaïlandais, il a désormais fort à faire… 

« Les mains de Carvalho s’avancèrent, rapides. Elles défirent sa coiffure et une chevelure courte et douce encadra un visage de une de magazine féminin, soumis à un régime basses calories et à des massages faciaux pour lutter contre une mollesse native des joues et un cou annelé. Les mains de l’homme se remirent au travail, ôtant les bretelles du corsage et dégageant les seins fermes, bronzé au soleil, couronnés de deux framboises. Elle contemplait ses seins et voulut reprendre les confidences.

-Nous n’avions pas eu d’enfants.

-C’est bien mieux. Qui les aurait gardés ?

-C’est vrai.

A présent les mains repartaient vers la jupe et la femme dut se retourne pour que Carvalho baissât la fermeture Eclair, sans poser son verre, sans verser une goutte, se permettant même une gorgée tandis que Carvalho lui retirait la jupe. Avec une culotte qui eût tenu dans le poing d’un bébé et son verre de porto, le corps de Joana rassemblait à un montage. Il traduisait une angoissante volonté de lutte contre le temps. Pas un gramme de graisse, pas un pli négligé, pas le moindre petit bout de peau sans bronzage et malgré tout, tant d’efforts n’étaient pas arrivés à dissiper une certaine macération des formes qui attirait Carvalho. Et il parcourait délicatement du bout des doigtes toutes les frontières de ce corps en lutte à mort avec le calendrier.

-Rosa aimerait que je sois comme elle. Que nous soyons toutes comme elle.

-Ce serait terrible.

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Dit Carvalho et il essaya de s’appuyer sur un coude tandis qu’il embrassait un téton après l’autre avec une décontraction que contrariait sa position. Lorsque ses lèvres se posèrent sur le sein gauche, Joana rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux en se laissant choir sur l’océan des coussins, Surpris, Carvalho se retrouva loin du bouton de sein et dans un équilibre impossible qui finit par se rompre. Il tomba sur Joana de tout son poids, ce qu’elle interpréta comme un assaut prématuré ; elle s’esquiva entre les coussins tout en bafouillant à plusieurs reprises un « Pas encore » exaspéré. Joanna était là noyée dans les coussins, avec son mini-slip ; elle tournait le dos à Carvalho et au monde entier, elle méditait. Carvalho hésita soit à repartir soit à recrée le climat favorable. Il s’abandonna à la loi des coussins et se laissa couler jusqu’à toucher le fond. De là, il demanda d’une voix calme.

-J’aimerais que tu joues du piano.

-Maintenant ?

-Oui, maintenant.

-Comme ça ?

-Comme ça.

La femme se releva, s’arrangea les cheveux et alla vers le piano. Elle avait un joli cul en forme de poire qui s’adapta au tabouret tournant et des coudes pointus qui planaient au-dessus du clavier comme des oiseaux de proie. Le piano avait l’air d’attendre les mains de sa maîtresse, il lui renvoya ses sons avec la célérité d’un majordome. (…)

Carvalho se leva et se déshabilla. Il s’avança vers le piano et enlaça la pianiste en lui prenant les seins. La mélodie se brisa et Carvalho contraignit la femme à poser ses mains sur le couvercle de l’instrument et tandis qui lui embrassait la nuque, il la pénétra par-derrière.

-Mais pourquoi ?

Elle eut juste le temps de prononcer cette phrase avant la pénétration. Carvalho ne voulut pas ou ne put pas lui fournir de réponse. Ses jambes à elle flageolèrent tandis qu’elle approchait de l’orgasme et Carvalho dut la soutenir d’un bras sous l’aine. Lorsque ce fut terminé, il la laissa dessinant un angle entre sol et piano. Joanna se releva avec des vaccinations de Margot Fontaine et sans regarder Carvalho elle alla vers les coussins et plongea parmi eux. Carvalho s’interdit de partir aussitôt à la recherche de la salle de bains et s’écroula près de la femme dessinant d’un doigt sur son dos des parcours vagabonds. Elle tourna la tête vers lui et il lui vit enfin le visage, enflammé, comme dilaté par une satisfaction intime.

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-Mais pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi avons-nous fait ça ?

-J’y verrais deux bonnes raisons. Parce que c’était bien et parce qu’il est cinq heures du matin et que le Corte Inglés n’est pas encore ouvert.

-Pourquoi avons-nous fait ça comme ça, comme des chiens ?

-Tu as un joli dos.

-Tu m’as fait ça comme ça pour m’humilier.

Elle avait froncé les sourcils pour stimuler sa propre colère.

(…)

-J’ai l’impression d’avoir été idiote.

-Pourquoi ?

-Ca a été tellement… bestial.

011-001-012Carvalho ferma les yeux spirituellement et lui tendit la main. Elle le regarda l’air de ne pas comprendre, puis elle se haussa sur la pointe des pieds pour embrasse Carvalho sur la joue.

-Tu fais toujours ça comme ça ?

-Comment ?

-Comme si tu te fichais de ce que pense ta partenaire.

(…-

-Les hommes, vous êtes tous les mêmes ».

La photo de la semaine

Nous la devons à Sylvae http://sylvae1959.canalblog.com/archives/2016/05/01/33741177.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=sylvae1959

Vladimir Arkhipov : comment ne pas revenir sur cette photographie et écrire combien elle est sensuelle... Des bas jusqu'au corset en passant par cette culotte diaphane... Oui très érotique ! Et l'imagination chevauche ses fantasmes...  Caty

Vladimir Arkhipov : comment ne pas revenir sur cette photographie et écrire combien elle est sensuelle… Des bas jusqu’au corset en passant par cette culotte diaphane… Oui très érotique ! Et l’imagination chevauche ses fantasmes…
Caty

Nous aurons sans doute l’occasion de revenir sur Vladimir Arkhipov

Des camions de tendresse : François Rey (Extrait)

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On rentre dans l’histoire avec une facilité émouvante, suivant cette jeune fille aux traits androgynes, on devient homme ou femme pour elle, selon elle. On voyage avec elle, et on se retrouve prêt à l’aider au moindre détour, avide de tourner la page de chaque épisode. On s’amourache de ces deux jeunes hommes, en espérant qu’ils la protégeront toujours, pour lui offrir un peu de bonheur, au gré des tonalités sonores de ces musiques mûrement choisies. Françoise Rey nous offre une écriture 100% maitrisée, piquante, sensuelle, dénudée… 
J’ai dansé avec eux, éperdue de désir et de peine, saccagée de passion. You know,
I live in New York City… La batterie répétait à l’infini toujours les sept mêmes
notes à la même cadence. That’s where we live where we live… Leurs coups de
bassin devenaient fous, leur braguette gonflait. Ils baisaient avec les guitares et
ledes-camions-de-tendresse-627165-250-400s chœurs, avec le saxo, le tam-tam, avec Harlem tout entier, et tous les ghettos
du monde, ils baisaient contre la haine, la misère et la différence, ils
m’ensorcelaient de leurs bonds, de leurs remous, de leurs tourbillons, de leur foi,
de leur puissance, leur chorégraphie se muait en une course démente et sauvage,
l’éternel recommencement des flots, le manège des astres, le maelström de
l’univers complet, galaxie et saisons confondues, je suivais leur chevauchée, ce
galop impétueux et épique qui faisait d’eux les centaures d’un monde intersidéral,
j’ondulais, sautais, tournoyais avec eux, encore et encore, jusqu’à ce que la
musique nous porte, nous charrie, nous roule et nous recrache, comme des
naufragés, dans la zone portuaire où se croisaient les sémaphores des grands
phares mauves…
29123-gfLeur nudité ruisselante, où miroitait la nuit électrique de leur chambre, appelait
mes mains, mes lèvres et mon corps tout entier. Mes cheveux, plus longs qu’à
l’accoutumée, mouillaient ma nuque comme une touffe d’algues chaudes. Leurs
varechs à eux, plus crépus, révélaient des senteurs mêlées qui parlaient d’océan et
d’ailleurs.
J’ai posé mes doigts au hasard d’une pêche au trésor dans l’antre des grands
fonds. Tout butin m’était gigantesque : leurs couilles, oursins géants, débordaient
mes paumes, leur queue gorgée ébahissait ma bouche. Je glissais sur leur corps,
anodine et légère, désespérée de peser si peu à leur ventre de fer, à leur poitrail
bombé, luisant comme une armure… J’ai chevauché l’un d’eux, sa bite m’a emplie
de son velours fondant, et j’ai dû m’arracher au plaisir qui venait vite, beaucoup
trop vite. C’était ma dernière nuit, la dernière…

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La musique sans fin tambourinait toujours, ils se cherchaient par-dessus mon
corps, s’attendaient au-delà de moi… Je voulais être leur carrefour, le rendez-vous
de leurs émois, une ultime, terrible et magnifique fois. J’ai supplié Marc :

— Viens dans mon cul, mets-y tout ce que tu as : ta langue, tes doigts, ta pine…

Il a bougé derrière moi, ses mains m’ont prise aux hanches, aux aines plutôt,
m’ont soulevée jusqu’à sa bouche. De deux pouces convergents, il a écarté mes
fesses, a bu à ce fruit éclaté comme à un melon fendu, longtemps, très longtemps. Je fleurissais sous ses lèvres, mûrissais, palpitais. Ma tête, au creux de mes bras pliés, j’écoutais les mugissements mêlés du saxo, du sang dans mes oreilles, du désir dans mes veines, qui battaient à l’unisson comme un ressac
infini. Il a dit :

— Cette fois, je ne te ferai pas mal…

Il ne savait pas, ne pouvait pas savoir que toute douleur m’était précieuse cette
nuit-là, toute marque, tout viol, que je voulais emporter dans ma chair
l’empreinte de leur passage cuisant et somptueux… Sa sollicitude m’a navrée de
reconnaissance et d’émotion. Il a éprouvé, une dernière fois, d’une langue
follement douce et ferme, la perméabilité de mon accueil, a reculé un peu. J’ai eu
froid tout de suite, sans son haleine chaude et sa salive de miel. Il a posé une
phalange d’abord précautionneusement, puis plus fort, m’a ouverte à peine, puis
davantage, puis complètement, a façonné mon désir, orchestré mon appel, élargi
mes espoirs. Appliqué et consciencieux, fureteur, autoritaire, son doigt a
progressé en moi, m’a habitée, limée, arrondie, polie, a tout visité, tout poussé,
tout caressé, tout convaincu…
Il a murmuré à mon oreille contre mes cheveux : « Jusqu’à ce que tu en meures
d’envie… », et pour murmurer ainsi, il s’est approché, couché sur moi, sur mon
dos extasié, qui a reconnu la chaleur de son ventre et de ses seins, sur mes fesses,
qu’a balayées la laine bouclée de ses cuisses, et son doigt est resté ancré, bien
solide et bien scrupuleux, pendant qu’il faisait frissonner mon tympan et mon
échine.
J’ai abdiqué tout de suite

— Marc, Marc, j’en meurs d’envie…
— Non, a-t-il répliqué, pas encore. Il faut une grande, grande place, parce
que j’ai une grosse, grosse trique.
Et il a continué à fabriquer son nid, et moi, je mourais, c’était vrai, je mourais
d’amour pour lui, je mourais d’envie qu’il me prenne, qu’il s’enfonce en moi à
tout faire éclater…

De sang froid !

Mes démons intérieurs.

                                    Mes démons intérieurs.

Quand elle lisait un polar, il fallait qu’elle se déshabille. C’était plus fort qu’elle ! Sans cela, elle ne suivait pas l’intrigue. Elle n’arrivait pas à se concentrer. Elle était revêtue d’artifices qui l’embarrassaient, la liaient… et l’embrouillaient
Lire un polar lui donnait la chair de poule, et elle aimait bien ressentir cette sensation, elle, qui ne s’est jamais ressentie comme autre chose qu’une « poule » auprès des hommes. De la même façon, elle souhaitait prendre l’air grave et mystérieux de la femme fatale, de la pute au grand cœur des Ellroy, des Chandler et des Hammett : la rousse au talons hauts et à la jupe longue et moulante… Comme elle désirait être la femme ambivalente qui entraînait d’autres femmes, bourgeoises, dans le vice et la corruption. Mais si elle lisait ainsi, cela l’entrainait dans la confusion. Elle pouvait devenir pleinement l’un des personnages et perdait de la hauteur en ne suivant plus l’intrigue. Ou seulement depuis la scène où elle se produisait, le comptoir derrière lequel elle servait les hommes.
Alors quand elle aborda De sang froid (In cold Blood), elle préféra se dénuder. Et quand Truman Capote aborda la psychologie des jeunes assassins, elle prit plaisir à sentir sa peau, malgré elle, frissonner. Plus elle approchait de la présence de la mort et plus elle ressentait la vie la traverser dans son corps. Les marginaux décrits par l’auteur étaient rongés par de nombreux démons intérieurs. Elle connaissait bien, elle, ses démons intérieurs…
Si elle créait un site, c’est peut-être bien de cela dont elle parlerait : ses démons intérieurs.