La musique des mots avec Yvonne ASTRUC

Une main traînant l’archet long,
L’autre en transe qui vibre et bouge,
ETRE, esprit, âme du bois rouge,
Martyre dans l’état second.

O figure de cathédrale,
Courte sur des pieds écartés,
Au bord des violons hantés
Fais flotter une tête pâle.

Tes yeux fermés de séraphin
Passionné de la musique
Font physique et métaphysique
Notre tourment à nous, sans fin,

Notre tourment devant l’orage
Bois verni, cordes et crins clairs
Qui, d’après la sublime page,
Se déchire au bout de tes nerfs.

Autour de toi sont les fantômes
De ceux dont tu te fais la voix
De par ces cordes et ce bois
Qui jettent nos fronts dans nos paumes.

Or, salut au magistral jeu
D’où montent cri de joie et plainte,
Salut au visage de sainte
Qui souffre et pâme pour son dieu.

Puis, la sainte fougueuse et triste
Ayant donné tout son tourment,
Que soit notre violoniste
Une femme, tout simplement.

Voici venir Corinne, la tunique retroussée

 

Voici venir Corine....

            Voici venir Corine….

Tiens… pourquoi pas relire les anciens… Dans cette maison, il n’y avait que cela de toute façon. Et comme elle avait du temps à y perdre. Elle n’avait jamais lu Ovide par exemple. Elle ouvrit ses Amours » par hasard et y lit :

« Voici venir Corinne,
la tunique retroussée ,
les cheveux flottants de chaque côté sur sa gorge si blanche.
Telle la belle Sémiramis s’offrait aux caresses de son époux :
telle encore Laïs accueillait ses nombreux amants.
Je lui enlevai sa tunique,
dont le fin tissu n’était du reste
qu’un faible obstacle.

Corinne, toutefois, résistait à s’en dépouiller;
mais sa résistance n’était point celle
d’une femme qui veut vaincre;
bientôt elle consentit sans peine à être vaincue.

Quand elle fut devant mes yeux
sans aucun vêtement,
pas une tache n’apparut sur son corps.
Quelles épaules, quels bras il me fut
donné et de voir et de toucher!
Quel plaisir de presser ce sein
fait à souhait pour les caresses!
Quelle peau douce et unie
sous sa belle poitrine!
quelle taille divine!
quelle cuisse ferme et potelée !

Mais pourquoi dire ici tous ses appas?
Je n’ai rien vu que de parfait;
et pas le moindre voile
entre son beau corps et le mien.
Est-il besoin que je dise le reste ? »

Ben oui, elle aimerait bien… C’est depuis lors qu’elle se prit d’amour pour les textes des anciens, très anciens…

Voici venir Corine….

C’était le temps d’une autre année

Un petit clin d’oeil à Monsieur K et Crissie

http://michel-koppera.over-blog.com/article-crissie-et-monsieur-k-chapitre-16-a-125813382.html

C’était le temps d’une autre année
Le temps des néons allumés
Le temps des témoins des colombes
Le temps de la vitesse et de l’ombre
Le temps des lettres jetées au feu
Le temps où on était heureux
C’était le temps des bords de mer
Le temps des Gainsbourg, des Prévert
Je revois tes cheveux défaits
Dans la chambre d’hôtel tu jouais
Et moi sur la banquette arrière
Je voyais le monde à l’envers …
Vive le vent de l’hiver
Et la chanson de Prévert
Continue sa route à l’envers
Je ne suis pas chrétien
Mais de tout je me souviens
Vive le vent de l’hiver
Et tout retourne la terre
Les loups sont à la porte
Un dernier coup d’œil en arrière
Dans le rétroviseur
C’était le temps de Lily Brik
Le temps du soleil tatoué
C’était le temps des avalanches
Le temps des verres bus et cassés
Ma vie brûlait comme la place rouge
Quand la nuit finissait sa course
C’était le temps des accords majeurs
Où tout était illuminé
Et j’entends battre ton cœur
Doucement doucement
Je ne suis pas soigné
C’était le temps de la Cantate
Le temps où tu la jouais pour moi
Vive le vent de l’hiver
Et la chanson de Prévert
Continue sa route à l’envers
Je ne suis pas chrétien
Mais de tout je me souviens
Vive le vent de l’hiver
Et tout retourne à la terre
Les loups sont à ma porte
Un dernier coup d’oeil en arrière
Dans le rétroviseur
(Sur les routes pavées
Nuit d’hiver j’étais…)


Raphaël Personnaz

Vénus et Adonis !

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Extrait du poème Venus et Adonis de Shakespeare:

I’ll be a park, and thou shalt be my deer
Feed where thou wilt, on mountain or in dale
Graze on my lips; and if those hills be dry
Stray lower, where the pleasant fountains lie.

Je serai ton parc et tu seras mon cerf
Broute où tu veux : sur monts ou en vallée
Viens paître sur mes lèvres ; et si ces collines sont sèches
Egare-toi plus bas, là où gisent les agréables fontaines