Sortez-moi d'ici!

Huguette Bertrand

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S’étirent les longues nuits
sur un prénom appelé
femme
que les hantises brûlantes
écrasent de jour
promesses bénies
fraîcheur des langues
toujours
dédiées

Huguette Bertrand

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Renée Vivien –

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 Et je regrette et je cherche ton doux baiser. 
Quelle femme saurait me plaire et m’apaiser ?
Laquelle apporterait les voluptés anciennes
Sur des lèvres sans fard et pareilles aux tiennes ?

Je sais, tu mentais, ton rire sonnait creux
Mais ton baiser fut lent, étroit et savoureux,
Il s’attardait, et ce baiser atteignait l’âme,
Car tu fus à la fois le serpent et la femme.

Mais souviens-toi de la façon dont je t’aimais…
Moi, ne suis-je rien dans ta chair ? Si jamais
Tu sanglotas mon nom dans l’instant sans défense,
Souviens-toi de ce cri suivi d’un grand silence.

Je ne sais plus aimer les beaux chants ni les lys
Et ma maison ressemble aux grands nécropolis.
Moi qui voudrais chanter, je demeure muette.
Je désire et je cherche et surtout je regrette…

(Sillages, 1908)

Comment faire l’amour à une pierre !

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S’approcher doucement d’elle,
la contempler,
l’admirer,
la fouiller déjà amoureusement du regard.
La toucher,
la retourner,
la caresser,
et accepter toutes ses aspérités,
ses générosités,
ses faiblesses et sa rudesse.
Regarder son lit, pour savoir comment la coucher.
Comme un nouveau né la porter
et précautionneusement la poser sur cette table d’offrande;
pour la travailler.
Prendre une équerre,
un mètre et Son plan et passionnellement l’effleurer.
Parce qu’elle sera unique et indispensable à cette cheminée.
Commencer par votre sueur à lui donner l’ébauche de votre générosité.
La caresser et sentir sur votre peau son offrande de poussière.
La travailler jusqu’à vous épuiser, lui parler et la contempler.
Qui des deux tremble,
la toucher, non vous en imprégner et vibrer parce que vous l’Aimez.
Qui des deux gémis et frémis,
elle n’est pas froide, elle vit.
Elle est née.
Alors vous vous abandonnez.

Texte de Tulipe

Pierre Louÿs. Le Clitoris

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Pierre Louÿs, poète mort en 1925, a beaucoup écrit sur le clitoris, et lui a même consacré un poème entier :

Blotti sous la tiédeur des nymphes repliées
Comme un pistil de chair dans un lys douloureux
Le Clitoris, corail vivant, cœur ténébreux,
Frémit au souvenir des bouches oubliées.
 
Toute la Femme vibre et se concentre en lui
C’est la source du rut sous les doigts de la vierge
C’est le pôle éternel où le désir converge
Le paradis du spasme et le Cœur de la Nuit.
 
Ce qu’il murmure aux flancs, toutes les chairs l’entendent
À ses moindres frissons les mamelles se tendent
Et ses battements sourds mettent le corps en feu.
 
Ô Clitoris, rubis mystérieux qui bouges
Luisant comme un bijou sur le torse d’un dieu
Dresse-toi, noir de sang, devant les bouches rouges !

Clitoris en fleur

 

Ton clitoris en fleur..que jalousent les roses..
aspire sous ta robe légère…à mes douces caresses..
J’aime sentir couler dans ma bouche heureuse..
ta liqueur parfumée..Opaline ..à la nacre blancheur..
Silence.. vent du soir..
Taisez vous cœurs moroses..
laisser moi goûter..
le clitoris de ma bien aimée..
que jalousent les roses…